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La Folie a du Bon [Rose Samuels]

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MessageSujet: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Lun 17 Oct - 4:47

Noël. La neige avait envahit les États-Unis, rarement de pareilles chutes de neige avaient été constatées dans le pays. De partout, des guirlandes brillaient, des Pères Noël se balladaient dans leur grandes tenues rouges et blanches et les écrans fourmillaient de publicité attirantes. Les enfants couraient dans la rue, les yeux brillants devant les jouets dont ils rêvaient, des couples se promenaient main dans la main, le bonheur envahissait les rues.

Pourtant, le jeune Kane Bridgestone, dix-sept ans, ne semblait pas partager l’euphorie générale. Ses cheveux bruns étaient recouverts d’un duvet blanc qu’il ne tentait même pas d’enlever. Il était adossé à un lampadaire, les mains dans les poches de sa grosse doudoune noire, scrutant tous les passants qui défilaient devant lui.

Il cherchait quelqu’un, ou plutôt quelque chose, il ne souhaitait pas donner traits humains à la créature qu’il recherchait.

***

Il était arrivé quelques jours plutôt dans le Michigan, à Cadillac, pour une réunion de famille dont il se fichait complètement. Son Angleterre lui manquait sincèrement. Il avait alors profité du premier instant pour s’échapper temporairement, et s’évader dans les rues enneigées. Ce fut en longeant une vitrine emplie de délicieux chocolats fondants qu’il avait pensé que finalement, il n’était peut être pas venu pour rien.

La vision avait été brève, mais il avait aperçu une forme massive au coin d’une rue. Ce n’était qu’une ombre reflétée sur le mur, mais alors qu’une créature de stature équivalente aurait dû sortir de l’impasse, seul un homme avait traversé la rue pour se rendre dans le café d’en face.

Il en était arrivé à la conclusion suivante : De nouveau, il croisait le chemin d’un de ces monstres.

***

Si Kane avait été du genre à montrer ses sentiments, un large sourire triomphant aurait traversé son visage. Au lieu de ça, il se contenta d’un faible rictus. Cela faisait bientôt douze heures qu’il attendait dans le froid que l’homme qu’il avait vu se représente au café. Alors que depuis trois jours, il répétait le même manège, la patience de Kane avait fini par porter ses fruits.

À la suite de l’homme, il entra dans le café. Il survola rapidement les tables, à la recherche d’une qui serait vide, éventuellement. La seule place restante était à une table pour deux personnes, dans un coin reculé de la salle. Bien que la température à l’intérieur du café avoisinait les vingt-cinq degrés, Kane n’enleva pas immédiatement son manteau.

Il passa au bar prendre une tasse de café long afin de se réchauffer. Son suspect s’était assis à une table avec des gens semblant être des amis. Déoûté, Kane l’observa quelques instants, mais ne souhaitant pas rester debout, s’approcha de la dernière place restant en prenant bien attention à ne pas perdre son homme du regard.

Il s’assit. Kane était un tantinet déçu. Il allait devoir attendre un peu avant de le massacrer.
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Rose Samuels
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Lun 17 Oct - 8:26

Les flocons se déposaient dans les cheveux de Rose et ne semblaient pas vouloir fondre. On aurait presque pu la comparer à la fille du père noël avec ses lèvres roses, ses joues et son petit nez de même couleur, son grand manteau rouge... Le froid lui faisait monter les larmes aux yeux et rendait ses pupilles plus brillantes et plus intenses que jamais. Elle était superbement bien maquillée. Elle avait tout d'une jeune fille normale, qui rentrait peut-être de l'école, retournait chez elle. Pourtant, son comportement laissait entendre le contraire.

La neige craquait sous ses bottes en cuirs, de manière saccadé, rythmé. Elle courrait à travers le parc avec l'intention de trouver un endroit ou il n'y aurait plus personne à entendre. Juste elle, perdue entre les arbres et leurs couvertures blanches, seule avec sa solitude, dans un silence quasi-complet.

Joie.
Joie.
Joie.
Solitude.
Joie.
Joie.
Joie.

Elle donna un grand coup dans le tronc d'un arbre qui se dressait sur son passage et refoula ses larmes. Elle devait se concentrer, oublier sa fatigue, se contenter d'écouter ses propres pensées et oublier toutes celles des autres. Elle fourra ses mains dans ses poches, en sortit la carte bancaire et la carte d'identité que la femme qui l'avait menée jusqu'à l'Autre lui avait donné. Elle lu son faux nom, et se demanda un instant qui elle était vraiment. Sam Miller comme le montrait les lettres tapées à l'ordinateur ? Ou Rose Samuels comme le clamait son enfance ? Peut-être une autre si on se fiait à la personne qu'elle aurait pu devenir si ses parents biologiques ne l'avait pas abandonnée. Elle remit ses mains dans ses poches en fourrure. Elle s'était prise à espérer qu'il s'agissait de fourrure d'animaux, tant elle les haïssait, tous. Mais elle n'aurait jamais osé mettre les mains dans ce genre de... Tissu. Elle releva fièrement la tête, ravala ses sentiments, tenta d'oublier ceux des gens qui l'entourrait.

Le couple la-bas n'était entourré que de bonheur. La jeune femme qui, assise sur un banc, observait son enfant de quatre ans, tout au plus, jouer dans la neige, ressentait une joie extrême et une certaine nostalgie. Elle avait peut-être en tête quelque souvenir qui refaisait surface. Le jeune homme d'environ 13 ans qui menaçait son ami d'une boule de neige, ressentait une envie de vengeance mêlée à la joie. Que lui avait-il fait pour qu'il lui en veuille tout en restant son ami ? Et Rose... Rose ressentait un trop pleins d'émotions. Dépassé par ce qu'il se passait autour d'elle, elle aurait tout fait pour ne plus rien entendre, pour devenir sourde aux pensées des autres. C'était impossible. La jeune femme qui l'avait menée à l'autre, Clara, si Rose ne se trompait pas, lui avait expliqué que les dons qu'on octroyait aux membres des rebelles finissait par se contrôler, plus ou moins rapidement selon la personne. Rose ne savait même pas contrôler ses propres sentiments ! Elle poussa un profond soupire et décida qu'il était temps de provoquer son don afin qu'il finisse par se rétracter avec l'habitude.

Elle traversa le parc, sortit et se retrouva sur le trottoire. De l'autre côté, le bar était bondé. Il n'y aurait peut-être même pas de places libre pour elle. Elle prit son courage à deux mains et traversa la rue. Une voiture dérapa sur le verglas qui envahissait la chaussée. Le crissement de ses pneux lui fit tourner la tête. Rose s'arrêta, surprise par la vitesse à laquelle le véhicule approchait. La peur du conducteur se transmit jusqu'à elle et lorsqu'il parvint à s'arrêter totalement, enfin, Rose tremblait de tout son corps. Elle était secouée de convulsion plutôt violente, si bien que L'Homme, inquiet, sortit du véhicule.

- Je... Tout va bien ! Lacha-t-elle.

Et sans écouter les appels qu'il lui lançait, elle entra dans le bar. Tout d'abord, ce fut un choc terrible. Un melange de hurlements et d'émotions, de paroles, de rires. De joie, de haine, de désir même... Puis, l'effet sembla s'atténuer et elle se faufila entre les tables. Dans la rue, une voiture claxona derrière un homme un peu désarçonné, qui fut obligé de dégager la route.

Rose trouva une place libre, un peu à l'écart, en face d'un jeune homme de son age. Que faisait-il la ? Il n'y avait qu'elle pour trainer dans les bars à son age. Et encore, elle n'était pas spécialement à l'aise et ça n'avait rien d'une habitude. Elle décida de ne pas lui demander s'il voulait bien d'elle en face de lui et s'installa sans lui offrir un regard. Elle tremblait toujours et décida de garder sa veste afin de faire croire à tout le monde qu'elle avait froid, alors que c'était faux. C'était le contre coup de la peur. Et aussi autre chose. Le sentiment qui lui venait du garçon, en face d'elle. Il était déçu. De quoi ? Que ce soit elle qui ait décidée de s'assoir en face ? Elle poussa un juron intérieur. Elle avait finit par comprendre qu'elle dérangeait, après tout, son comportement était pour le moins que l'on puisse dire... Spécial ! Elle possa son menton entre ses paumes ouvertes et ferma les yeux, se concentrant sur certaines personnes de la pièce, apprenant d'autres émotions, certaines qu'elle ne connaissait pas, qu'elle ne connaitrait peut-être jamais. L'amitié, qu'elle avait connu, un jour... Le regret. Celui la, elle le connaissait par coeur !

Ses sourcils légèrement relevés lui donnaient un petit air triste qui ne lui appartenait pas.
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Mer 19 Oct - 9:20

Kane ne remarqua la jeune fille qu’après qu’elle se soit assise. Il ne lui adressa qu’un bref regard, avant de retourner sa tête vers la table où était assis le monstre. Ce dernier se levait, souriant, arborant une médaille quelconque, déclenchant des acclamations et des applaudissements. Kane soupira mentalement.

Il commençait à s’ennuyer. Observer les divagations d’une créature aussi répugnante que celle-ci était loin de le passionner, ainsi il décida de ne plus accorder qu’un regard distrait à sa proie, n’attendant qu’une seule chose : Qu’il s’en aille. Kane n’était pas du genre à perpétuer un massacre devant des innocents. Il ne souhaitait franchement pas se faire remarquer.

Il reporta son attention vers la jeune fille en face de lui. Elle semblait avoir froid, et l’air de tristesse qui marquait son visage attira légèrement l’attention du jeune homme. Cette fille, aussi jeune que lui, peut-être même plus, aurait-elle décidé de boire pour oublier ? Non, cela n’avait pas l’air d’être le cas. Elle n’avait rien entre les mains, pas même une boisson chaude. Alors quoi ?

Il cessa de la fixer, conscient que sa curiosité pouvait sûrement être mal prise. Il but la dernière gorgée de sa tasse, puis s’appuya sur le dossier de sa chaise afin d’améliorer son confort déjà plus que limité. Dans sa poche, son portable sonna.

- Allô ? Ah, José. ¿Comó estas? (…) Bien. (…) No, no soy en casa. (…) Tengo cosas mas importantes. (…)- Il baissa d'un ton - He buscado un monstruo, quizás un oso, un gran animal. (…) No lo sé, pero puedo ... (…) No, José. Está con amigos, pero no pienso que son como él … (…) No, no es necesario. (…) José, ¡No vienes! (…) ¡No...!

José lui avait raccroché au nez. Il allait venir. Merde ! pensa Kane. Il souhaitait s’occuper de cette chose personnellement, et discrètement. Trop d’agitation attirerait les regards, et c’était loin d’être ce qu’il lui fallait. Et puis il connaissait bien José, celui-ci était du genre “pas de quartier”, et les innocents, ils s’en foutait royalement. Tout ce qui comptait pour lui était la suprématie des Cogistes.

José serait là dans moins de cinq minutes. À toute vitesse, Kane se mit à réfléchir. Qu’allait-il faire lorsque José braquerait son arme sur le monstre ? Il fallait trouver un moyen d’isoler cette chose. Contre toute habitude, il se mordit la lèvre : preuve de son anxiété. Il refusait de voir ces innocents massacrés. Il n’y avait qu’une seule chose méritant la mort dans ce café.

Brusquement, ledit monstre se leva. Suivit de sa bande d’amis, ils sortirent tous du café dans de joyeuses exclamations. Kane fut soulagé. Il pourrait peut-être le prendre à part à ce moment là. Pourtant, quelque chose le fit se rassoir. Il ignorait pourquoi, mais il ne désira pas partir à la suite du monstre.

Quelques minutes plus tard, un coup de feu lointain retentit. José ne vint pas. Kane l’appela.

Pas de réponse. Dix fois.

La chose avait eu raison de son ami.

Une fois de plus, il perdit un être cher.

Ses poings se crispèrent. Son ventre se noua. Ses sourcils se froncèrent. Sa respiration s’accéléra. Il se vengerait. Maintenant.

Et son regard croisa celui de la jeune fille.

Spoiler:
 
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Rose Samuels
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Dim 23 Oct - 0:24

Vulnérabilité

Rose avait une chanson qui lui trottait dans la tête depuis plus de deux jours. Une mélodie qui, enfoui loin derrière les émotions de chacun, ne s'entendait presque plus. Elle ne percevait qu'un arrière goût décevant, comme si le son d'une jolie musique avait été baissé au maximum. Elle était la, quelque part, mais n'existait que partiellement.
La jeune fille ferma les yeux. Elle se sentait encore si jeune et vulnérable... Se dire qu'elle faisait partit d'une "secte" lui faisait peur, mais elle tenait bon. Comme toujours. Elle était bien plus forte que la plupart des gens.
Quelque chose attira son attention. Elle se sentit trembler de plus belle et dû faire un effort pour se contrôler. Il y avait au moins deux schizophrènes dans la salle. Elle savait pertinemment ce qu'était cette maladie pour avoir croisé l'un des cas les plus graves, dans son hôpital. Elle n'en gardait pas un bon souvenir.

* * *

La femme s'appelait Sarah. Elle avait l'age de Kate, l'âge d'être sa mère et elle était d'une gentillesse incomparable. Rose avait passé une petite semaine à ses côtés. On lui avait dit que son état était stable, elle y avait cru, elle n'aurait pas dû. Sarah avait disparut du jour au lendemain, on n'avait jamais voulu lui dire ce qui lui était arrivé, Rose avait comprit.
Les cauchemars avaient recommencés à hanter ses nuits.

* * *

Les émotions qui jaillissaient hors des deux personnes étaient contradictoires. Rose ne pouvait pas les localiser précisément mais l'un d'eux était tout près. Elle avait peur. Peur de ce dont ils étaient capable. D'un seul corps s'échappait un aspect sauvage, en colère, et un aspect compréhensif, déçu. La jeune fille se concentrait sur le plus près et ce n'est que lorsqu'elle entendit le garçon d'en face répondre au téléphone dans une langue étrangère, qu'elle comprit que c'était ses émotions qu'elle écoutait avec tant d'attention.

Quand il raccrocha et que ses yeux vinrent se plonger dans ses pupilles le temps de quelques secondes, Rose faillit se lever et s'enfuir. Elle ne broncha pas, cloué sur place par une certitude que rien ni personne ne pouvait ébranler. Il n'était pas Schizophrène et il ne lui voulait aucun mal. Il était juste... différent. A quel point ? Quelque chose lui hurlait qu'elle avait trouvé ce qu'elle cherchait depuis si longtemps, à travers ses plus noirs cauchemars. Elle ne voulait pas y croire, il était trop jeune. Elle ne voulait pas y croire et elle ne pouvait pas. Elle croyait en tous les jeunes et se méfiait plus des hommes que des femmes. Mais lui, lui il avait quelque chose de spécial qui l'attirait inlassablement et qui l'obligeait à lui rendre son regard et à ne pas le détourner. A rester fière et digne. Sans savoir de quoi il s'agissait, elle obéissait à ses propres émotions et à son instinct plutôt qu'aux émotions qu'elle entendait clamer depuis le corps du garçon.

Un coup de feu retentit. Rose se redressa et tel un animal apeuré, sonda la salle du regard. Tous prirent quelques secondes pour s'arrêter, se taire, écouter et se regarder. Puis ils revinrent à leur préoccupations. Pas Rose. Elle avait mal, si mal ! Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, elle ressentait un peu la même chose que ce qu'elle avait ressentit en trouvant ses parents assassinés. Sauf que cette fois-ci... Elle n'avait perdue personne. Puis, les doigts crispés du garçons autour de son téléphone portable lui prouvèrent ce qu'elle craignait le plus. Ce n'était pas ses émotions, c'était les siennes ! Sans comprendre comment il le savait, quelque chose était arrivé et seul lui en avait conscience. Mais il ne bougeait pas. Il ne pleurait pas. Il ne hurlait pas. Il tenait bon. Plus qu'elle ne l'avait jamais fait. Il tenait bon, restait assis la comme si rien n'était jamais arrivé. Elle se redressa, haussa des sourcils, les larmes aux yeux. Ce qu'il ressentait était si fort que ses émotions couvraient celles de toute la salle. Comment faisait-il pour ne pas exploser ? Elle hésita, renonça, fit marche arrière et fit ce dont elle ne se croyait pas capable.

- Dis moi ce qui se passe !

Sa voix était dure. Implacable. Froide. Elle en fut elle même surprise. Dressée comme un -i sur sa chaise, elle l'observait, sourcils froncés et mâchoire serrées. Quelque chose de grave se déroulait ailleurs et si près. Quelque chose qu'elle ne pouvait pas même imaginer. Quelque chose qu'il subissait sans qu'elle puisse l'aider. Quelque chose qui lui échappait totalement et ce sentiment la rendait folle. En colère. Et par dessus tout... Vulnérable.
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Mar 25 Oct - 23:44

La voix qu’il entendit lui fit l’effet d’une masse. Personne n’avait le droit de lui parler sur ce ton. Le regard qu’il voulut lui rendre aurait été dur et significatif. Mais, face à cette jeune fille qui lui parût alors réellement différente des autres, il n’arriva qu’à lui envoyer un regard empli de tristesse.

- La mort.

Ce fut tout ce qu’il arriva à dire. Il n’arrivait pas à décrocher son regard de cette fille. Alors qu’il l’avait trouvée presque insignifiante quelques minutes plus tôt, à l’instant il doutait qu’elle le fut réellement. Alors que tous les clients avaient quitté le café à cause du coup de feu, elle était restée, droite et franche, devant lui. Alors que personne n’osait soutenir son regard ou même simplement rester à ses côtés lorsqu’il était dans cet état, elle était restée, droite et franche devant lui. Alors que tous avaient peur de lui lorsqu’il “changeait”, elle était restée, droite et franche devant lui. Droite et franche devant lui.

De sa poche, il sortit un revolver, un Colt. Simple, mais efficace. Sans hésitation aucune, il tira sur la jeune fille. La balle passa à quelques centimètre d’elle, et un corps s’effondra derrière. La jeune femme n’était pas sa cible. Kane ne l’avait pas ratée. En revanche, l’homme qui se tenait derrière elle avait une balle fichée entre les deux yeux. Beaucoup de sang coulait, mais Kane n’en avait que faire.

L'homme était mort sur le coup. Il avait les yeux grands ouverts et entre ses bras un fusil chargé, et surtout prêt à tirer. Sa jambe droite était secouée par un réflexe nerveux. Kane lui retira le fusil des mains et le posa à côté pour éviter tout incident dû à ces réflexes post-mortem.

Il rangea son arme et ferma les yeux.

Il ferma les yeux sur ce qu’il venait de se passer. Il était innocent. Ce n’était que légitime défense : Cet homme était un meurtrier. Il avait simplement vengé son ami et éliminé un monstre qui représentait un danger pour l’humanité. Alors qu’il redevenait progressivement lui-même, perdant tout l’instinct animal qui s’était alors glissé en lui, il rouvrit les yeux. Il se rendit compte à cet instant que, durant toute l’action, il n’avait pas quitté la jeune femme des yeux.
Sans arriver à afficher quelconque émotion mais s’inquiétant réellement pour la jeune fille, il tenta de s’excuser.

- Je suis désolé, j’ai dû te faire peur.

Il posa une main sur son épaule, se voulant rassurant. Dans sa tête, tout était allé très vite. L'appel de José, le coup de feu, et la mort du monstre. Mais cette jeune fille qui paraissait innocente et si fragile, comment avait-elle vécu cette scène de massacre ? Elle allait sûrement appeler la police, et d'un instant à l'autre, il devrait partir, la laissant probablement choquée à vie. Il ne voulait pas ça. Il réfléchit, afin de trouver quelque chose à lui dire pour justifier son acte, sans toutefois lui révéler l'existence des Familles.

Il n'avait aucune raison valable. Il savait qu'en temps normal il serait juste parti, sans laisser plus de traces que de la fumée, mais à l'instant il se sentait bloqué, sa main sur l'épaule de la jeune fille, se torturant l'esprit à essayer de trouver les mots pour la rassurer.
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Jeu 27 Oct - 3:01

Détresse


La voix de l'homme avait claqué, à la fois sévère, dur et retenue, maîtrisé. Rose n'avait pas bougé. Cloué sur place par la peur et l'incompréhension, la jeune fille en avait oublié de filtrer les pensées de tous ces gens qui fuyaient comme elle l'avait fait le jour ou sa vie de rêve s'était transformé en cauchemar. Elle avait laissé les émotions la saisir, l'engloutir, la noyer. Mais pour une fois, ses propres pensées dépassaient de loin celles de tous les autres : elle était terrorisé. Elle ne captait déjà plus les sentiments du garçon. Elle savait juste qu'il était incapable de trouver sa voie, de s'accepter tel qu'il était. Tout comme elle, en fait. Alors oui, elle ne bougea pas lorsqu'il sortit son revolver. Oui, elle le laissa le pointer sur elle et oui, durant une demi seconde, elle espéra qu'il ne la manquerait pas, qu'il la toucherait en plein coeur et qu'elle ne mettrait que quelques secondes à mourir. Lorsque la balle passa à côté d'elle, elle entendit le bruit mate de sa rencontre avec le corps d'un homme. Quelques émotions s'éteignirent et elle comprit qu'il mourrait. Elle ne bougea toujours pas. Elle ferma les yeux le plus fort qu'elle le pu, comme s'il suffisait de vouloir remonter le temps pour que tout recommence au début, avant même qu'elle ne traverse cette route.

Une excuse. La main du garçon sur son épaule. Il ne la lacha pas. Il resta la alors que perdu dans les souvenirs les plus horrible qui lui reste, Rose s'éteignait à son tour. Elle se souvenait de l'odeur du sang mêlé à la poussière créé par un mur qui s'était écroulé. Le plâtre. La chaleur étouffante qui se dégageait dans la pièce. La sueur qui ajoutait une odeur acre au salon. Et les yeux... Ces yeux qui hantaient ses nuits, ceux d'un ours devenu homme et dont la lueur fraternel éclairait ses regrets, sa tristesse. Il avait eu l'air de s'en vouloir et c'était ça qui lui faisait le plus mal ! Qu'elle ne puisse pas affirmer qu'il était réellement mauvais. Tout comme le garçon qui appuyait sa main sur son épaule pour lui montrer qu'il était la, qu'elle n'était pas seule. Comment pouvait-elle simplement se contenter de fermer les yeux sans vouloir les rouvrir ? Comment pouvait-elle espérer revenir en arrière alors que tout était déjà joué. Autour d'elle, les dernières personnes du bar hurlaient leur terreur. Elle ne les entendait pas. La seule chose qui comptait était ce vide, dans son coeur. Cette impression d'avoir échoué à nouveau. Elle avait mal, tellement mal ! Elle refusait de passer pour un monstre aux yeux de tout le monde, encore une fois. Sa vie venait à peine de reprendre. Elle venait à peine de sortir de l’hôpital.

Et voilà qu'un nouvel événement des plus traumatisant de son existence la faisait perdre pieds. Elle ne voulait pas vivre ça. Elle avait encore le temps avant que la police ne rapplique. Un petit quart d'heure à en juger de la distance qui séparait le commissariat le plus proche de ce lieu. Pourtant, lorsque ce genre de choses arrive et qu'on ne peu ni maîtriser ses émotions, ni même se maîtriser soi, un quart d'heure peu prendre une toute autre dimension. Elle reprit contenance avant que le garçon n'ait pour loisir d'avoir à l'emmener de force pour l'empêcher de parler sur la provenance du crime. Elle se redressa, referma sa main sur le poignet du jeune homme et le repoussa doucement, sans forcer, le laissant reculer naturellement jusqu'à ce que son dos touche le mur et qu'elle soit si proche de lui qu'il soit obligé de baisser la tête pour pouvoir la regarder dans les yeux.

- Est-ce que tu sais seulement qu'en tuant une unique personne, tu laisse en vie d'autres qui feraient tout pour prendre sa place afin qu'il puisse vivre ? Tu ne sais même pas combien de personne tu as tué en assassinant cet homme.

La voix de Rose tremblait presque autant que son corps. Sa voix n'en était plus une. C'était un gémissement de souffrance et d'incompréhension. Un long sanglot, un appel au secours. Elle avait froid, si froid qu'elle sentait à peine ses doigts sur le poignet de l'homme. Il avait l'air pourtant si perdu, si aimable, si plein de vie, qu'elle l'aurait presque aidé si elle avait été capable de tenir sur ses jambes sans s'accrocher à son poignet comme à une bouée de sauvetage. Alors qu'elle aurait tant voulu fuir cet endroit maudit, elle ne pouvait rien faire d'autre que d'accepter qu'il l'aide, parce que sans lui, elle serait restée assise sur sa chaise, à attendre qu'on la trouve, qu'on lui parle et qu'on comprenne qu'elle n'était pas Sam Miller, mais Rose Samuels, la petite fille qui avait réussit à sortir d'un asile. Elle voulait s'en sortir et elle savait pertinemment pour en avoir été témoin auparavant, qu'elle aurait été incapable de se contrôler et de sortir d'ici sans perdre connaissance.

Ça lui arrivait souvent de tourner de l’œil sous l'effet d'émotions trop fortes ou trop douloureuses. Seulement cette fois-ci, elle n'était pas seule. Les pupilles du jeune homme étaient des ancres qui la gardaient éveillées aussi sûrement que s'il avait s'agit de chaînes en acier. Et pour la première fois depuis que ses parents avaient été tués, elle se sentait comprise, acceptée. Presque aimée. Alors que la solitude avait été sa seule amie jusque la, le garçon avait fait volé en éclat sa carapace en une fraction de secondes. Elle n'aurait jamais voulu l'avouer, mais elle lui en était reconnaissante.
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Jeu 27 Oct - 5:43

- Est-ce que tu sais seulement qu'en tuant une unique personne, tu laisse en vie d'autres qui feraient tout pour prendre sa place afin qu'il puisse vivre ? Tu ne sais même pas combien de personne tu as tué en assassinant cet homme.

***

La femme s’effondra au sol.
Kane la regarda,
une moue de dégoût sur les lèvres.
Une traîtresse monstrueuse,
voilà ce qu’elle était.
C’était son premier meurtre réellement volontaire,
et la vue de ce corps sans vie fît naître en lui un mal de tête transcendant,
et de violentes nausées prirent possession de lui.

Ses muscles s’ankylosèrent et se tétanisèrent quelques instants.
Il vit flou.
Il vit noir.

Puis il Vit.
Il ne voyait pas comme un humain.

Il était loup.
Il grogna avant de s’enfuir dans la nuit,
abandonnant tout le reste.


***

Il ne voulait pas que cela recommence. Pourtant, les paroles de cette jeune femme avaient fait émerger ce souvenir longtemps enfoui dans sa mémoire. Un pan de lui-même s’était éclairci. Alors qu’à nouveau, le mal de tête reprenait possession de lui, il tenta de se contenir. Il fit un effort surhumain et tenta de calmer sa respiration. Le ton que la fille avait employé l’avait profondément touché. Pas besoin d’être devin pour comprendre que cette fille demandait de l’aide. Elle serrait son poignet si fort qu’il en avait presque mal, elle semblait ne plus tenir sur ses jambes. Sur le point de sombrer dans les abîmes de l’inconscience.

Kane passa une main hésitante autour de sa taille dans l’unique but de la soutenir. Il avait l’impression qu’en aidant cette fille, il arriverait lui-même à se pardonner les choses horribles qu’il avait commises lorsque celui qu’il appelait son autre prenait le contrôle. Jusqu’ici, il avait toujours cru que lorsque l’autre le dominait, il était impuissant face à ses actes. A cet instant précis, il remettait ces pensées en doute. En effet, il était témoin de ce qu’il voyait plus qu’il n’en était acteur, mais c’était son corps qui agissait.

Son corps, et pas celui d’un autre. Il ravala sa salive. Que se passait-il ? Pourquoi doutait-il ainsi de lui ? Il avait toujours réussi à aller de l’avant, il n’avait jamais rien regretté, et voilà que cette fille débarquait et en une seule phrase arrivait à remettre en doute toute son existence. Pendant un temps il y eut un grand silence. Tous, même barmen et patron avait quitté le bar. Dans l’établissement ne subsistait que deux personnes, un cadavre, et deux mouches virevoltant au coin de la salle.

Une sirène retentit au loin. La police était déjà la. Il fallait partir vite. Kane regarda autour de lui. Il y avait sûrement une sortie derrière le bar. Kane ne chercha absolument pas à se dégager de l’emprise de la jeune femme, mais se contenta de lui poser une unique question, simple mais pleine de sens.

- Tu me suis ?

Et pour la première fois depuis des années, une réelle expression se peignit sur son visage. Pour la première fois depuis des années, l’inquiétude anvahissait son corps. Il ne savait pas qui était cette jeune femme, mais était en revanche parfaitement conscient qu’il l’avait mise dans de sales draps par ses actes. Il cherchait donc à se racheter. Si elle le souhaitait, il pouvait lui sauver la vie. Au terme d’un énorme sacrifice. Il savait que s’il l’emmenait, elle devrait abandonner sa famille et risquait d’être recherchée par la police.

Si La jeune fille voulait rester libre, elle devait devenir fugitive. Au moins pour un temps. Kane connaissait cette existance, car c'était celle qu'il menait depuis plusieurs années. A ceci près qu'il avait une Famille qui l'accueillait toujours et un endroit où il était toujours en sécurité. C'était un piètre échappatoire qu'il lui offrait là, mais il était convaincu que cette jeune fille préférerait cela à la prison ... ou bien pire.

La sirène s’arrêta. Des portes claquèrent. Des voix retentirent.

Pourtant, Kane ne bougea pas.

Il ne partirait pas sans Elle.
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Lun 31 Oct - 4:17

Force

La Rose représente la vie, l'Amour. Mais si elle a des épines, c'est pour repousser la mort et la haine...

La jeune fille ferma les yeux le plus fort qu'elle le pu. Le temps de réfléchir, de penser, d'extraire cette fragilité qui l'a transformait aux yeux de tous en une personne incapable de se prendre en main toute seule. Mais c'était faux. Elle avait dû gérer seule ce qu'elle avait vu dans sa propre maison, durant trois longues années, car en parler la rendait plus folle aux yeux des autres qu'elle ne l'était vraiment. Alors si elle était si fragile, si vulnérable, si incapable de frapper avant les autres, c'était seulement parce qu'elle avait finit par croire ceux qui n'avait pas cru en elle.

Seulement Lui, il était différent. Surement autant qu'elle. Et il était présent. Rose avait conscience que s'accrocher à lui ainsi, c'était comme de le supplier de l'aider, de ne pas la laisser tomber comme il le faisait à tous ceux qui aimaient l'homme qu'il venait de tuer. Elle avait besoin de lui, non parce qu'elle ne voulait pas fuir seule, mais car la solitude avait beau être sa meilleure amie, elle ne lui faisait aucun bien, contrairement à l'attention qu'Il lui portait. Elle avait besoin de Lui car il était le seul à ne pas la regarder et à ne pas la considérer comme la jeune fille muette et terrorisé qu'on avait trouvé sur le bord d'une route, après avoir découvert ses parents déchiquetés dans sa propre maison.

Les sirènes se rapprochaient dangereusement, ils n'auraient surement pas le temps de sortir. Pourtant la question du jeune homme était clair : si elle le suivait, elle s'en sortirait. Sinon, ils finiraient tous deux derrière les barreaux et elle retournerait dans cet hopital une fois qu'on l'aurait identifié comme étant Rose Samuels et non pas Sam Miller. Et elle n'avait pas envie que ce cauchemar reprenne. Sa peur se lisait sur chacun des traits de son visage. Les portières des voitures de police claquèrent. Dans moins de trente secondes, la porte d'entrée exploserait et des armes chargées se pointeraient sur eux, les condamnant à une vie des plus médiocre. Rose ne prit pas la peine de répondre. L'angoisse provoqué par le dégout des hopitaux lui fit reprendre contenance et elle détendit sa prise autour du poignet du garçon se remettant enfin à respirer. Elle se jeta en avant, passa devant la porte des toilettes, se baissa en passant derrière le comptoire, poussa la porte de derrière et se jeta dans l'étroit couloir menant aux pièces réservés au personnel. Elle n'entendait que les battements incessant de ses pieds, de ceux du garçon, de son coeur et sa respiration saccadée et difficile. La porte était la. La dernière porte. Elle referma sa main sur la poignée, poussa un profond soupir en constatant qu'elle tournait.

Enfin, ils furent libre. Rose sentait ce qu'Il ressentait. Elle savait qu'il était sincère et que s'il avait tué cet homme, c'était seulement parce qu'il n'avait jamais vu les choses sous le même angle qu'elle. Elle trébucha sur les marches, se rattrapa in extremis pour s'arrêter brutalement, ne sachant de quel côté aller. Ce n'était qu'un détail, mais un détail pouvait rendre leur fuite plus ou moins compliqué. Ils n'avaient pas droit à l'erreur. Rose n'avait pas pour habitude d'avoir confiance en elle. Elle préféra se fier à l'inconnu qui avait su rester patient même quand la patience n'avait plus sa place dans les évenements qui les opressaient.


[Ma couleur, c'est "Crimson" si tu veux Smile J'ai eu une peu de mal pour ce post, j'dois être en manque d'inspiration, je ferais mieux la prochaine fois, dis moi juste si ça te conviens ^^. En passant, ton dernier post à toi il était vraiment génial Very Happy]
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Mer 2 Nov - 9:17

Bruissement des feuilles face au vent
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Kane avait tracé des mots dans la neige qu’il effaca aussitôt. Il ne savait d’où ils lui venaient, mais par moment, il écrivait des vers qu’il ne parvenait pas toujours à identifier. Peu importe, ils lui semblaient venir du tréfond de sa mémoire et ne souhaitait pas s’en embarrasser. Il regarda à nouveau la jeune fille près de lui sans parvenir à déchiffrer ses sentiments. La route qu’ils venaient de parcourir avait été longue et épuisante, Kane la sentait vidée de ses forces. Force physique, certes, mais pas mentale.

***

- A Gauche.

La droite débouchait sur une grande artère tandis que la gauche sur un cul de sac. Pourtant sa réflexion n’était pas dénuée de logique. Le cul de sac n’était qu’un muret haut d’environ deux mètres cinquante et Kane estimait son ascention peu ardue : de nombreux cartons joncheaient le sol à son pied les murs de briques qui l’encadraient offraient des prises faciles. Kane s’avança sans hésiter. La neige n’était pas un obstacle assez important pour qu’il s’y attarde.

S’appuyant sur un vieux carton, et s’aidant d’une brique, il s’était déjà élevé d’un mètre. Installant son pied gauche dans un trou du muret et posant le second sur le bord d’une fenêtre, il s’éleva en posant ses mains sur les murs et en s’élevant ainsi à la seule force de ses jambes. Il pu enfin accrocher le haut du mur et s’y hisser. Par chance, une voiture était garée de l’autre côté et y descendre serait un jeu d’enfant.

La suite ne dépendait que d’Elle. Elle qui semblait si fragile mais dont Kane ne doutait ni de la détermination ni du courage. Et puis, si il lui arrivait quoi que ce soit, il ne pourrait s’empêcher de venir à son secours.

***

Ils couraient depuis un bon quart d’heure. Ils avaient croisé un client du bar qui les avaient reconnus. Aussitôt la police les avaient pris en charge : ils n’avaient eu d’autre choix que de fuir. Même avec ses aptitudes physiques particulières, le Cogiste n’en demeurait pas moins un être humain. Apporter une résistance à la police serait livrer la jeune fille, et il ne souhaitait pas.

Il se retourna et se demanda quel était son nom.

***

Haine ? Souffrance ? Epuisement ? Surprise ? Perte ? Tout cela à la fois ?

Il n’en avait aucune idée. Rien dans cette jeune fille ne permettait de savoir ce qu’elle ressentait au moment présent. Soyons clairs : Elle venait d’assister à un meurtre et avait passé une demi-heure à courir dans les rues poursuivie par la police. Ils s’étaient ensuite réfugiés dans un petit bosquet bien après que les forces de l’ordre les aient perdus de vue.

Kane la regardait. Il la trouvait belle, avec ses cheveux lisses recouvert de ce duvet neigeux, et ses petites lèvres roses. Mais il la trouvait aussi effrayante. Effrayante par sa singularité. Il n’avait jamais tué aucun témoin pour la simple raison qu’il n’y en avait jamais eu. Il y a quelques heures encore, il aurait affirmé qu’il aurait tiré une seconde balle sans hésitation. Mais en voyant à présent cette fille recouverte de neige – Il pensa que peut-être, elle avait froid – il doutait sérieusement qu’il aurait pu un jour lui tirer dessus.

Elle était effrayante car elle était mystérieuse.

Rose Samuels. La folle évadée d’un asile. Il la reconnaissait, à présent. Des affiches d’elle étaient clouées partout sur les murs de la ville. Pourtant, il était difficile de la reconnaître au premier coup d’œil. Peut-être parce que sur la photo, elle avait les cheveux attachés. Sûrement parce que l’air que lui donnait la photo la rendait sombre et dangereuse, alors qu’elle lui paraissait aussi inoffensive qu’un écureuil.

Folle

Cela lui arracha presque un sourire. Elle était aussi folle que lui, sinon moins. La probabilité que cette fille soit dérangée avoisinait le zéro absolu, il en était convaincu. Certes, elle était particulière. Certes, elle était imprévisible. Certes, elle était différente. Mais si tous les gens qui étaient différents étaient fous, alors la Terre – et peut-être même l’Ailleurs, s’il y avait là-bas âme qui vive – serait en cruel manque d’infrastructures et de personnel. Il en était sûr. Cette fille n’était pas folle.




Bruissement des feuilles face au vent
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Cette fois-ci, il n’effaça pas les mots. Il jugea qu’ils étaient à leur place, à la fois dans cette neige glacée, et dans sa vie qui, il en était persuadé, venait de prendre un nouveau tournant.


[Sache que ton poste a été largement suffisant. Et puis depuis le début, j'aime ton style d'écriture et de rendre les choses, alors ne te fais aucun soucis^^. En ce moment, je lis d'autres oeuvres de P. Bottero, alors il risque d'y avoir un ou deux clins d'oeil (d'ailleurs il y en a un gros dans ce poste). J'espère que ce n'est pas dérangeant.
Pour l'inspiration, on fait comme on peut ! Smile]
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Ven 4 Nov - 10:56

Epuisement

Courir, courir, courir. Courir comme en sortant d'un hopital. Si Rose avait tenu bon, jusque la, c'était seulement parce que sa volonté était faites de l'acier le plus dur et le plus résistant qu'il existe. Mais si vous aviez été à sa place, vous auriez été doté de cette même volonté. Aucun être vivant ne veut vivre enfermé. Aucun être vivant ne veut être prit pour autre chose que pour ce qu'il est vraiment. Alors en courant, Rose se contentait d'oublier l'image que les autres avaient d'elle et de faire ce qu'elle avait toujours voulu faire : vivre.

Néanmoins, malgré tous les efforts qu'elle faisait pour continuer, pour fuir, encore et encore, la fatigue était bien présente. Les émotions des autres disparaissaient peu à peu, les unes après les autres. Comme si quelqu'un appuyait sur des interrupteurs qui éteignaient les voix qui hurlaient dans sa tête. Et le silence la rendait plus calme et sereine que jamais. Même si à elle seule, ses sentiments dépassaient parfois de loin ceux de cinq individus rassemblés. Sa tête raisonnait, elle se sentait vide, presque seule. Sauf qu'il restait encore les émotions fouillit du garçon. Il ne savait pas ce qu'il éprouvait et elle ne pouvait pas le savoir pour lui. Il était un peu perdu et il se souciait peu de ce qu'il pouvait bien ressentir. Rose se demandait comment il faisait pour se contenter de vivre à fond, en dehors de lui même. Sans réellement penser, ou alors en pensant mais sans s'en rendre moralement compte.

Rose s'était contenté de suivre le mouvement, courant parfois plus vite que son corps le pouvait vraiment, manquant souvent de glisser, de tomber, de ne pas se relever... Mais elle n'avait jamais cédé. Elle avait un but et elle s'y tenait parce que cinq minutes à présent pouvait sauver toute sa vie. Elle se devait d'être précise, elle devait prendre des précautions, être minutieuse dans chacun de ses gestes. Et à présent, assise les fesses dans la neige, frigorifié, elle se contentait de regarder les mots qu'Il avait inscrit dans la neige, de façon vague. Elle tentait à peine de garder les yeux ouverts. Elle se laissait aller, laissait ses émotions prendre le dessus, la submerger. Pourtant, elle ressentait si peu de choses par rapport à trente minutes auparavant, qu'au fond, elle avait l'impression de ne rien ressentir.

Elle était juste calme, sereine, vide. Fatigué. Epuisé. Elle leva quand même les yeux vers le garçon et l'observa vraiment, pour la première fois, en oubliant tout ce qu'il avait fait, de bien ou de mal. Elle le regarda comme l'inconnu qu'il était. Il semblait plutôt jeune, physiquement. Mais moralement, il était bien plus agé que n'importe quel adolescent normal. Il était couvert de neige, et sous cette fine couche blanche, ses cheveux d'un noir de jais tombaient devant ses yeux et lui donnaient un air à la fois charmeur et triste. Sa peau était clair, mais pas aussi blanche que celle de Rose. Il n'était pas très grand et n'avait rien de parfait. Mais justement, cette imperfection le rendait juste plus différent, plus beau.

Rose, assise la, pensait juste au lait-chaud-miel que sa mère avait l'habitude de lui préparer chaque soir d'hivers, lorsqu'elle était encore la. Elle avait l'impression que Kate était la, quelque part, tout près. Si elle avait fermé les yeux, elle aurait presque sentit cette odeur de lait chaud, cette chaleur lorsqu'elle se serait assise en face du feu et qu'elle aurait tirer une petite couverture par dessus ses jambes. Elle aurait peut-être entendu rire sa mère, depuis la cuisine. Elle aurait sourit et son père serait venu s'affaler sur le canapé et l'aurait regardé avec ce sourire qui voulait dire :"Le bonheur, c'est toi, et c'est ta maman réunit". Et comme si elle avait lu dans ses pensées, Kate serait sortit de la cuisine et son livre dans une main, son thé dans l'autre, se serait glissé à côté de Rose, de façon à ce que celle-ci soit entourrée de ses deux parents. Puis, l'heure d'aller se coucher serait enfin venu. Dire bonne nuit, monter dans sa chambre, se déshabiller, se glisser sous la couette. Sentir le bonheur de vivre l'envahir et le bien être d'exister... Elle n'aurait pas tardé à s'envahir.

Cette période était révolu. Tout était finit. Mais Rose avait besoin d'une chose : d'un lit, d'un toit, d'un chauffage ou d'une couette. Elle fourra ses mains dans ses poches caressa doucement sa carte bleue au nom de Sam Miller et sourit.

- On devrait trouver une auberge, un hotel, un endroit ou se poser le temps d'une journée. J'ai ce qu'il faut, tout ira bien, mais je connais pas trop cette ville...

Elle tressaillit au son de sa voix cassée, mais sûre. Elle ne la reconnaissait pas. Comme si la fatigue, le fait qu'elle s'en soit sortie indemne jusque la et la disparition de sa solitude, la rendait plus forte, plus grande et sûre d'elle... Elle poussa un soupire à peine perceptible.



[C'est pas dérangeant, sachant que les poèmes marchombres sont inspirés de Haïku ^^]
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Ven 11 Nov - 10:33

Kane soupira en se glissant sous l’eau chaude. Ils avaient pris deux chambres à son nom, refusant catégoriquement à Rose qu’elle ne paye. Il avait bien assez d’argent et de toute façon il savait se servir dans le porte-monnaie géant des Cogistes lorsqu’il le fallait. Cet hôtel restaurant leur permettrait de se restaurer jusqu’au lendemain avant qu’ils ne repartent. Recherchés par la police, sûrement tenus responsables du meurtre de José et donc d’un double délit, ils ne pouvaient rester longtemps au même endroit.

La pensée de dévoiler l'existence de la Maison à Rose lui avait effleuré l’esprit mais il préféra garder cela secret encore un moment. Cette jeune fille n’avait strictement rien à voir avec les Familles et il était hors de question qu’elle soit confrontée à un conflit qui risquait plus de la mettre en danger qu’autre chose. Alors qu’il éteignait l’eau et que le son de la télévision de sa chambre lui parvenait aux oreilles, il comprit que les évènements qui avaient étés relatés étaient un euphémisme par rapport aux faits exacts. Heureusement, ils n’indiquaient pas de piste concernant d’éventuels assassins, ce qui signifiait qu’ils étaient tranquilles pour quelques jours. Quelques heures si la police se montrait efficace, ce qui était rarement le cas hors des feuilletons télévisés.

Il s’habilla, et s’autorisa quelques heures de répit bien mérités avant d’aller chercher la jeune femme.

Ayant une pensée pour elle, il frissonna. Comment avait-elle pu déclencher chez lui une telle explosion de doute ? Elle n’était qu’une jeune fille, plus jeune que lui de surcroît, et pourtant elle avait une telle assurance, un tel courage et une telle force mentale qu’elle le laissait abasourdi. Il ne la connaissait que depuis quelques heures et pourtant il s’accrochait déjà à elle, comme si elle était celle qu’il attendait depuis des années afin de le sortir de ce monstrueux guêpier. Guêpier dans lequel il s’était glissé sans hésiter, tel un misérable insecte cherchant le sucre tant désiré.

Plusieurs années emprisonné, attendant qu’on vienne le libérer. Libérer de quelque chose qu’il ignorait. Libérer de quelque chose qui lui tenait tête. Libérer de quelque chose qui le dépassait complètement.

***

- Kane, il faut que je te parle.
- Oui papa.
- Tu as maintenant douze ans, et je pense que tu peux comprendre.


Le père attendit quelques instants. Avait-il fait le bon choix ?

- Les Métamorphes, tout comme nous, sont ...

- Ce sont des monstres.
- ...une Famille, continua l’aîné comme s’il n’avait pas été interrompu, avec des gens capable de penser, des gens vivant et ressentant de l’émotion.

- Ils sont méchants. Ce ne sont pas des hommes, ce sont des bêtes dénuées de conscience.
- Kane…
- Ils ont assassiné Leah !
- Ils ne sont pas tous comme ça. Regarde, ta mère...
- Elle n’a rien à voir avec cette histoire.
- Ta mère était métamorphe.
- NON ! Tu mens, accusa l’enfant en montrant son père du doigt. Maman n’était pas un monstre !
- Ecoute-moi. Ta mère était un l...


L’enfant hurla. Sa mère n’était pas une méchante. Son père lui disait des bêtises. C’était une blague. Il en était persuadé. Pourtant, au fond de lui, quelque chose lui soufflait une vérité qu’il refusait d’admettre.


***

Le Cogiste ouvrit ls yeux. Il s’était endormi et vait fait un rêve étrange, mettant en scène un loup combattant des chaînes invisible. Puis une jeune femme était venu le libérer et... Une jeune femme ? Kane se rappela qu’il devait aller chercher la jeune femme. Il regarda l’heure. Dix-+neuf heures trente, il était tout juste à l’heure. Enfilant sa veste, il sortit de sa chambre pour rejoindre celle de la jeune femme.

Il toqua à la porte.

- Ro... Hum, c’est moi.

Il ne souhaitait pas lui dévoiler qu’il l’avait reconnue. Pas tout de suite. Et puis, il ignorait si l’endroit était ou pas doté de caméras, alors il préféra se rattrapper. Il éspérait juste qu’elle n’avait pas remarqué son hésitation.

Un peu tendu, il attendit qu’on lui ouvre.
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Rose Samuels
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Sam 12 Nov - 4:48

Doute

L'eau, bouillante, lui faisait mal aux pieds. Rose passa ses mains dans ses cheveux mouillés. Elle avait envie de pleurer, mais elle se retenait encore. Ce n'était pas le moment de craquer. Elle était vivante, elle allait bien. C'etait du moins ce dont elle essayait de se persuader. Elle avait peur, si peur que même sous l'eau purifiante, apaisante, elle avait mal au ventre. Elle coupa l'eau, sortie. Elle attrapa la serviette propre qui trainait à côté de l'évier et s'y enroula. La miroir était recouvert de buée. Elle l'essuya et se regarda droit dans les yeux. Son maquillage avait coulé et ses cernes creusaient son visage. Elle arborait ce visage simple qui n'avait rien d'exceptionnel. Ou plutôt elle était jolie quand tout allait bien. Et quand sa vie tournait au vinaigre, donc souvent, ses traits trahissaient aussitôt la peur ou la lassitude. Elle enfila ses sous vêtements, son t-shirt, et alla se faufiler sous les couvertures. Depuis combien de temps n'avait-elle pas eu droit à un vrai lit dans une vrai chambre, autre que celle de l'hopital ? Trois longues années s'étaient écoulés. Pourtant, elle se souvenait de cette terrible journée comme s'il s'agissait de la veille. Elle ne vivait plus que par le passé. Elle en avait besoin, elle n'aspirait qu'à la vengeance et elle avait un mauvais pressentiment concernant le garçon qui...

On frappa à la porte. Elle se redressa violemment, surprise. Les émotions de celui qui se trouvait derrière la porte la frappèrent. Quelque chose le tracassait. Quelque chose qu'il refusait de laisser sortir et qu'elle ne captait que très faiblement. Comme s'il savait ce qu'elle était capable de faire et qu'il se maintenait afin qu'elle n'en apprenne pas davantage sur lui. C'est ce qui la fit douter. C'est ce qui l'inquiéta. C'était lui, bien sur, puisqu'il était comme ces schizophrènes qui ressentaient tout un tas de choses contradictoires en même temps. Mais elle ne pouvait pas se permettre d'oublier de se méfier.

- Ro... Hum, c’est moi.

Elle se leva brusquement, attrapa son jean sur le chauffage et l'enfila en vitesse, manquant de peu de s'étaler de tout son long sur la moquette. Elle ouvrit la porte et mal à l'aise, elle lui offrit un sourire furtif. Ses cheveux mouillés dégoulinaient encore sur son t-shirt, ses yeux étaient encore cernés, son visage rougit par la chaleur de la douche. Elle se recula de devant lui, l'invitant ainsi à entrer, sans pour autant prononçer le moindre mot. Elle alla s'assoir dans le fauteuil, juste à côté du chauffage, ce qui fit refluer des souvenirs magnifiques et insupportables. Elle esperait qu'il n'allait pas lui annonçer qui valait mieux qu'ils s'en aillent. Elle avait besoin de se poser, besoin de s'habituer à sa vie de fugitive. Mais par dessus tout, elle avait besoin de prendre le temps de réapprendre à vivre. C'était ce qu'elle voulait le plus au monde. Retrouver d'elle même ces sentiments que ses parents avaient su insuffler en elle. L'amour. L'amitié. L'envie de se lever le matin. Le bonheur de sentir le soleil matinal caresser son visage à travers les rideaux. Etre capable de rire de l'absurdité des paroles de son interlocuteur lorsqu'il s'énervait sur elle. La tendresse, cette douceur qu'elle avait pourtant peur de recevoir car seuls ses parents avaient su la lui offrir telle qu'elle la voyait.

Elle releva les yeux vers le garçon. Le garçon ? Comment s'appelait-il ? Elle avait été assise à côté dans un bar. Il avait tué un homme devant ses yeux, s'était enfui avec lui, elle s'était comporté comme sa complice, elle avait essayé de dormir dans une chambre d'hotel, juste à côté de la sienne et s'était demandé à plusieurs reprises s'il parvenait à fermer les yeux avec ce qui était arrivé. Elle avait faillit aller voir. Elle avait eu peur, n'avait pas franchit le seuil de sa porte. Maintenant, c'était lui qui était la, il allait surement lui demander se preparer ses affaires pour partir et elle refusait de l'écouter. Elle n'attendit pas qu'il parle. Voulant se rassurer, elle lacha :

- Je m'appelle Rose.

Elle estimait pouvoir lui faire confiance. Malgré ses doutes. Malgré tout ce qu'elle pensait de lui, il était la, alors que ceux qu'elle aimait, ceux qu'elle avait aimé, n'était plus à ses côtés. N'existaient même plus. Il était la alors qu'elle avait été seule durant trois ans ! Elle aurait voulu qu'il entende, lui aussi, ce qu'elle pensait. Qu'il comprenne à quel point elle redoutait le moment ou leur chemins devraient se séparer. A quel point elle lui était reconnaissante d'exister, d'être la alors que tant de personnes lui avaient tournés le dos lorsqu'ils avaient apprit ou elle avait été enfermé. Elle se souvenait avoir espéré qu'ils l'aident à sortir de l'hopital. Ils n'étaient jamais venu. Ses grands parents avaient un jour pointés le bout de leur nez. Elle avait essayé de leur raconter ce qu'elle avait vu de ses propres yeux. Ils avaient pleurer l'ancienne Rose. Ils avaient pleuré la perte d'une fille qui était toujours la, qui avait besoin d'eux tant elle était terrorisé par ces "métamorphes". Ils l'avaient fuient et aujourd'hui elle ne leur en voulait plus. Tant de gens avaient fait la même chose qu'elle trouvait ça presque normal qu'ils l'abandonnent. Mais lui, il était anormal, différent. Il ne la connaissait pas, ne l'aimait pas, mais l'aidait. Ne l'aimait pas ? Pouvait-on vraiment ne rien ressentir pour quelqu'un qu'on ne connaissait que depuis quelques heures, mais avec qui on avait partagé le choix de son destin ? Elle retint un sourire.
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Sam 19 Nov - 6:03

- Je m’appelle Rose.

Kane hésita l’espace d’un instant. Prendrait-elle peur s’il lui dévoilait qu’il l’avait reconnue ? Peut-être ne lui ferait-elle plus confiance. En même temps, il se sentait obligé de lui dire la vérité, car il se sentait responsable de ce qui lui arrivait.
Il trancha. Sa réflexion avait duré moins d’une seconde.

- Je sais. Je t’ai reconnue durant notre fuite. Oh, rassure toi, je n’avais absolument pas fait le rapprochement avant. Moi c’est Kane. Kane Bridgestone. - Il tendit la main, amicalement, pour lui prouver son sentiment.

Qu’allait-elle dire ?
Qu’allait-elle faire ?

Allait-elle lui serrer la main, ou refuser son amitié et partir ? Il se surprit à refuser cette dernière éventualité. Ses yeux charbons fixés dans ceux de la fugitive, il tentait de discerner un détail, une émotion. Un quelconque signe indiquant qu’elle l’acceptait.

Il n’avait jamais vraiment eu d’autres amis que ceux que l’on lui avait imposés. La seule personne avec qui il avait un jour partagé un réel sentiment d’amitié était Annabelle, sa cousine assassinée par un monstre. Annabelle. Ce nom résonnait dans son esprit, aujourd’hui encore, en une unique marque de souffrance. De deux ans son aînée, elle était morte bien trop jeune.

Kane eut un haut-le-coeur en revoyant la scène du massacre à laquelle il avait largement contribué.

Allongée près de l’arbre, Annabelle gisait, sans vie, le corps parsemé d’une multitude griffure. Son oeil gauche, d’ordinaire d’un vert bien profond, s’accrochait à son orbite par un nerf qui avait tenu bon lors de l’assaut. Le droit était fermé comme pour ne pas voir l’horreur qui s’était profilée devant lui. Un pan entier de chair manquait à son bras droit, rendant l’os bien visible, le reste de peau parcouru par une longue et pronfonde entaille. Au bout de sa main quelques doigts manquaient. Ses vêtements maculés de sang étaient déchirés de toute part, dévoilant chacune des blessures, plus profondes les une que les autres.

Le monstre était allongé à ses côtés. Le flanc gauche souffrant d’une terrible morsure, l’homme s’était éteint recroquevillé comme s’il cherchait à étouffer la blessure. De toute évidence, la patte qui fut cassée était devenue jambe, car le membre gauche se tordait dans une position anormal et plutôt écoeurante. Des traces de griffes et d’une mâchoire acérée se promenaient sur le corps sans vie, ignorant les vêtements déchirés comme s’ils n’avaient été que du sucre.

Depuis ce jour, il refusa de se lier avec quiconque. Ainsi, il ne craignait plus de perdre qui que ce soit. A part son père.

***

- Dis papa, tu crois qu’aimer en vaut vraiment la peine ? toute personne qu’on aime finit un jour par nous être arrachée et cela nous fait plus de peine qu’autre chose.
- Bonhomme, regarde ta mère. Je l’ai aimée plus que tout et j’ai été très triste de la voir partir. Mais pour rien au monde je n’ai regretté de l’avoir aimée.
- Pourquoi ?
- Parce que tu es là, Kane.


***

Ainsi, il ne craignait plus de perdre qui que ce soit. A part son père. Et Rose. Cette évidence le frappait en plein visage alors qu’ils s’aperçut qu’il ne voulait pas qu’elle parte. Il ne voulait plus qu’elle s’éloigne de lui, il craignait de la perdre. Son esprit lui imposait la scène de massacre qui l’avait toujours hanté, mais, à la place de la douce et petit Annabelle, il voyait Rose.

Sans qu’il ne puisse la contrôler, sa main se mit à trembler.

Il avait envie de vomir.
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Rose Samuels
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Mer 23 Nov - 9:35

Incompréhension

Rose faillit sauter hors de son fauteuil. Elle se contenta de se lever, se rapprochant plus du garçon qu'elle ne l'aurait voulu. Oui, elle aurait pu le contourner et partir. S'enfuir, encore une fois. Mais elle vit sa main trembler, elle chercha ses pupilles, ses émotions le giflèrent bien avant. Elle ferma les yeux, sous le choc. La peur. L'angoisse. L'incompréhension. Le dégout. C'était trop de choses à encaisser, trop de choses à supporter pour un seul homme. Aussi, elle ne partie pas. Elle plongea ses yeux sombres dans ceux du garçon et d'une main sure, elle serra celle de Kane. Elle aurait voulu faire bien plus. Il était le monde, pour elle qui n'avait plus eu ni amis ni famille, depuis son traumatisme. Il était le monde et il souffrait. Elle se souvenait nettement de la réaction de sa mère lorsque Rose se sentait triste, abandonné. Elle se souvenait de ses bras, autour de ses épaules et de la chaleur de son corps. Elle se souvenait des paroles rassurantes qu'elle murmurait à son oreille pour lui prouver qu'elle n'avait rien à craindre, que tout allait bien pour le moment... Elle l'avait aimé, et elle n'était plus la. C'était peut-être pour ça qu'elle se contenta de prendre la main de Kane. Parce que sa présence à l'instant ne la garantissait pas à vie. Et qu'une fois qu'elle serait partie, il ne lui resterait que des souvenirs auxquels s'accrocher. Il ne lui resterait rien d'autre que la souffrance et la solitude. Il devrait « s'y habituer », comme tous ceux qui ne l'avait jamais vécu le disait si bien. Mais Rose en avait fait l'expérience. Et Elle savait que s'habituer était impossible. On ne s'habituait pas à l'absence. Au manque. Au vide qui se creusait chaque jour un peu plus dans notre cœur, jusqu'à se faire ressentir physiquement, tant la douleur était persistante, incontrôlable. Elle les avait aimé. Elle les aimait toujours. Ils n'existaient plus. Ils ne ressentaient plus rien, ils la laissaient seule. Seule jusqu'à aujourd'hui. Seule jusqu'à maintenant... Elle avait envie de pleurer. De pleurer jusqu'à ce que ses larmes se tarissent d'elles même et ne s'arrêter que lorsque la fatigue aurait finit par avoir raison d'elle. Comment faisait-elle pour ne pas sombrer ? Comment faisait-elle pour lutter contre cette solitude qui la faisait rager ? C'était simple, elle ressentait ce qu'il ressentait. Elle avait mal quand il avait mal et elle avait peur quand il avait peur... Elle pouvait même ressentir son bonheur, même si à l'instant, il était inexistant.

Elle avait du mal à respirer tant il était proche, tant il lui faisait de l'effet, tant il ne pouvait pas exister... Non, il ne pouvait pas, personne ne l'aimait. Personne. Elle était seule, il ne pouvait pas l'être autant qu'elle. Il ne pouvait pas exister ! Elle rageait. Elle rageait car c'était surement un mauvais rêve. Elle rageait car tout ça ne pouvait pas être vrai. Elle n'avait surement jamais quitté l'hôpital. Elle allait se réveiller suant à grosse goute dans son petit lit aux draps blancs, dans sa petite chambre aux murs blancs, avec la multitudes de feuilles blanche qu'elle avait colorié en vert, en rouge, en orange, jaune, bleu... Multicolore, pour donner de la couleur ! Elle allait se lever et se mettre à pleurer en apercevant le pan de colline verte au delà des barreaux qui couvrait sa fenêtre. Un nom serait gravé à jamais dans son cœur, dans ses rêves, ses pensées et ses souvenirs. Kane. Son ami « imaginaire ». Celui qui lui prouverait qu'elle était belle et bien folle.

Elle le regarda dans les yeux et en voyant cet éclat pure, bel et bien existant, elle se mit à pleurer.
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Dim 11 Déc - 2:46

Kane sourit.

- Tu n’est pas folle, hein ?


Ce qu’il disait, il en était persuadé et il éspérait que Rose le comprenne. Néanmoins, si elle n’était pas folle, qu’est-ce qui avait poussé le gouvernement à l’enfermer ? Peut-être était-ce un coup monté de quelqu’un qui la haïssait. Une idée lui vint alors. Et si Rose faisait partie des Familles ? Et si sa présence dans un asile était due à un conflit entre deux d’entre Elles ?

Un grand silence s’était installé, et Kane n’osait pas le briser. Il se contentait de fixer la jeune fille à ses côtés, tentant de justifier cette prétendue folie, mais sans vraiment y parvenir. Serait-ce justement ça qui la rendait dangereuse ? Est-ce que sa folie ne se voyait pas ? Non, c’était impossible.

Elle semblait perturbée, triste, solitaire et peut-être en colère contre quelqu’un, mais aucun de ces sentiments ne justifiait un quelconque délire. Peut-être s’il lui demandait ce qui avait pousser les gens à la croire dérangée elle lui répondrait. Peut-être, mais dans tout les cas il éspérait une réponse. Non, pire. Maintenant qu’il se posait vraiment la question, il savait qu’il voulait cette réponse.

Il avait connu de nombreuses personnes considérées malades, mais en réalité elles avaient toujours eu une histoire que le commun des mortels ne pouvait comprendre, en particulier lorsque cette personne était liée aux Familles. Alors, se pourrait-il que... ?

Il regarda attentivement Rose. Elle était si belle, et son esprit semblait si vif...

***

- Kane, attend moi !!

- Rosie, tu ne m'attraperas jamais !


Hurla le jeune homme en rigolant. Il courrait dans les rues, sautait par dessus les barrières et bondissait dans les escaliers. Il s'accrocha à un lampadaire et se balança pour atteindre l'autre côté de la salle.

- Kane, tu triches ! C'est pas bien de d'utiliser tes capacités sportives pour m'échapper !

- Mais Rosie, toi aussi tu es spéciale.

- Oui, mais je ne suis pas Cogiste comme toi.

- Je sais, mais tu guéris bien plus vite. Alors si tu tombes de là tu ne risques rien, t'en fais pas.

- Tu es sûr ?

- Oui. Aller essaye !


***

Rosie Stanford était alors la première petite amie de Kane. Elle fut aussi la dernière. Il ne s'était jamais remis de sa mort. Lui qui avait vu la chute comme au ralenti, lorsqu'elle avait raté sa prise, lui qui avait entendu le craquement sinistre de ses os lorsque son corps percuta une voiture, le visage déformé par la peur, lui qui revoyait encore son visage si doux.

Rosie était "folle". Alors qu'elle ignorait son pouvoir, elle avait eu affaire à un de ces monstres. Son bras avait été cassé dans le combat et ses vêtements étaient couverts de sang. Lorsqu'elle avait tout raconté à la police et insisté, personne ne l'avait crue, d'autant plus que la fracture à son bras datait de "plusieurs mois". Niant la chose, elle avait fine par être mise à l'asile.

Kane l'avait sauvée, et à présent, il regardait attentivement Rose. Elle était si belle, et son esprit semblait si vif... Leur histoire lui rappelait singulièrement ce qu'il avait vécu avec Rosie. Il se rappelait d'ailleurs un peu trop.

Rose ou Rosie.
Un asile.
Une folie.
Un attachement.

Il pensa que Rose pouvait tout aussi bien faire partie d'une famille.

Non, c’était peu probable.

Peu probable, mais pas impossible, soufflait une petite voix dans le coin de sa tête.

- Rose. Je vais te poser une question, tu es libre de me répondre ou non.


C’était faux. Elle n’était pas libre. Il désirait tellement savoir que, sans s’en rendre compte, sa voix avait adopté un ton d’obligation qu’il regrettait. Mais il savait aussi qu’il ne pouvait plus faire demi-tour. Alors, sans prendre le temps de réfléchir plus, sans prendre le temps de s’arrêter, sans même reprendre son souffle, il enchaîna.

- Que faisais-tu dans cette prison ?
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Sam 7 Jan - 9:52

Folie

Si. Elle était folle. Elle était folle, elle le savait. Il lui arrivait de se mettre à pleurer sans raisons. Il lui était même arrivé de hurler quand quelqu'un était venu lui demander l'heure. Parfois, elle avait peur. Elle était triste. Elle riait pour rien. Elle se mettait à trembler quand il y avait trop de monde. Elle courrait jusqu'à ce qu'elle suffoque, pour pouvoir se contrôler. C'était plus facile quand elle était fatigué.

Et la, c'était l'un de ses moments ou elle ne se sentait pas assez fatigué. Elle avait peur de la question qui allait arriver. Elle l'attendait, la connaissait, elle s'y était même préparé... Peut-être pas assez. Et quand elle fut prononcé, ce fut avec le mot approprié. Pourtant, comment pouvait-il savoir qu'il s'agissait plus d'une prison que d'un hopital ?

Il lui fallait faire semblant de ne pas avoir comprit le sens de sa question. Il lui fallait aller vite, ne pas trop réfléchir. Faire semblant qu'elle avait comprit. Faire semblant qu'elle n'avait pas peur de lui et de tous ceux qui voulaient la ramener. Faire semblant.

- J'attendais sûrement que quelqu'un vienne m'en sortir.

Une pause. Longue. Rose planta ses yeux perdus dans ceux du garçon et elle fit marche arrière : elle ne pouvait pas lui cacher ce qui s'était passé. Peu importait s'il la traitait comme tous les autres, après. Il devait savoir à qui il avait affaire. Il devait savoir et elle devait lui faire confiance.

- J'ai compris ta question, je suis désolé, j'ai peur que tu me juge et que tu ne crois pas un mot de ce que je vais te dire, mais je ne suis pas une menteuse. Si j'ai été enfermé la, c'est parce qu'ils n'ont jamais cru à ce que je leur ait dit. Quand j'avais treize ans, mes parents ont étés assassinés. Assez sauvagement... C'est moi qui les ait trouvés. Ils ont voulus que je leur dise exactement ce que j'avais vu, alors j'ai dit ce que j'avais à dire, sans mensonges. Il faut croire que parfois, il est mieux de mentir pour ne pas passer aux yeux des hommes pour quelqu'un d'anormal ou de dérangé.

Sa voix rauque et douce se cassa sur le dernier mot. Elle tremblait. Elle avait froid. Elle avait froid et pire que tout, elle avait peur. Elle avait peur de ce qu'il pouvait bien demander, peur de ce qu'il pouvait lui dire de plus horrible. Elle avait besoin d'être rassurée, elle avait besoin de... De s'enfuir !

Il était entre elle et la porte. Il était tout près. Il était Trop près. Il courrait plus vite qu'elle. Pas de beaucoup. Mais un peu. Et si elle décidait de fuir maintenant, tout se jouerait à la seconde près. Il connaissait la ville mieux qu'elle. Il était doué et elle l'était peut-être aussi, mais elle avait sûrement eu moins recours au sport que lui, vu le temps qu'elle avait passé enfermée. Elle n'avait pas d'endurance.

Elle essuya rageusement ses larmes et serra les poings, en attendant une réaction.

[Désolé du temps de réponse et de la piètre qualité de l'écriture ^^]
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Sam 14 Jan - 6:29

Kane l’avait fixée dans les yeux durant tout le temps où elle avait parlé. Il avait écouté chacun de ses mots, observé chacune de ses expression. Son ventre se nouait tant la voix qu’il entendait exprimait la douleur et la haine.

Lorsqu’elle s’était mise à trembler, il avait voulu la rassurer. Mais comment ? Il ignorait tout d’elle, comment pouvait-il savoir ce qu’il devait dire ou ne pas dire ? Il n’osait pas dire un seul mot de peur de la briser, il n’osait pas la toucher pour les mêmes raisons. Il ne voulait pas qu’elle ne souffre d’avantage.

Il voulait savoir ce qu’elle leur avait dit pour qu’elle se retrouve dans cette situation, il voulait savoir ce qui lui était arrivé lorsqu’elle perdit ses parents. Chaque fois qu’elle reprenait son souffle, chaque fois qu’elle le regardait, il sentait son manque de confiance, en lui, certes, mais surtout en elle-même.

- Que leur as-tu dit ? Tu n’es pas obligée de répondre, bien sûr.


Il ne prononça pas un mot de plus, mais continua de la fixer droit dans les yeux, voulant lui communiquer un sentiment d’assurance et de sécurité.

Depuis qu’il avait rencontré cette jeune fille, totalement par hasard soit dit en passant, il avait l’impression qu’il ne vivrai plus jamais rien de la même façon. Il savait qu’il s’attachait déjà à elle, il le savait très bien. Il savait aussi que c’était dangereux pour eux s’ils continuaient de vagabonder ensemble, mais il était aussi conscient qu’il n’arriverait pas à la quitter.

Peut être parce qu’elle ressemblait étrangement à Rosie. Peut-être parce qu’elle semblait aussi fragile que sa cousine. Peut-être parce que Rose était un mélange des deux et d’elle-même. Non. Peut-être n’était définitivement pas l’expression qui convenait. Sûrement ou certainement l’étaient sûrement plus.

Kane passa ses mains dans ses cheveux. Puis un détail dans la pièce le fit tiquer. Dans le coin supérieur gauche de la chambre clignotait une petite lumière rouge. Il s’en approcha doucement. Bien camoufflée dans l’ombre, il était presque impossible de la voir, mais Kane en était sûr, la caméra était entrain d’enregistrer.

- Non, tout compte fait, ne dit rien.


Il se dirigea en marchant vers la porte. Il l’ouvrit simplement, puis regarda Rose. Il allait ouvrir la bouche lorsque des pas se firent entendre dans le couloir. Un uniforme confirma qu’il s’agissait de la police locale. Déjà, songea-t-il. Ils n’ont pas trainé.

- Rose, cours, ils sont là !!


Lui cria-t-il, jetant un coup d’oeil dans la chambre.







[T'en fais pas, moi aussi je met du temps à répondre >< pour un résultat pas terrible non plus]
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Sam 14 Jan - 10:27

Peur


Le choc avait était gigantesque. Une véritable déchirure dans les émotions qu'elle ressentait. Elle ne les avait pas entendu. Elle était trop attentive à ses propres sentiments, à ceux de Kane, surtout... Et puis les bruits de pas avaient brisés le silence. La tristesse avait cédé la place à la panique. Le garçon avait hurlé, créant en elle un véritable ouragan de détresse et d'incompréhension. Elle n'avait pas prit la peine d'ouvrir la fenêtre. Elle l'avait percuté de plein fouet, se protégeant la tête de son bras. Elle avait hurlé, mais ne s'était pas rendu compte directement que c'était elle qui criait. En fait, elle ne le comprit que lorsqu'elle toucha le sol et que le choc se répercuta dans tous ses membres, lui coupant le souffle et stopant net son cri. Ses jambes se dérobèrent, elle s'étala dans les morceaux de verres. Ignorant ceux qui s'étaient incrustés sous sa peau, elle se releva et se rua vers l'avant. Ils étaient partout. Comme s'ils poursuivaient des terroristes dangereux et kamikazes. Non, ils n'étaient que des gamins. L'une était considéré comme étant folle, l'autre avait tué un homme. Mais ils restaient des enfants. Des enfants qui avaient toute leur vie devant eux, mais qui étaient obligés de se cacher et de fuir pour la vivre pleinement. Rose ne jeta pas un seul regard en arrière pour vérifier que Kane la suivait. Non pas par égoïsme mais par peur, simplement. Quand le risque est grand et que l'on a que 16 ans, je doute que l'on pense à autres choses qu'à sauver sa peau. Surtout lorsque ces gens qui l'entourraient, venaient pour la ramener dans le seul endroit au monde qui lui faisait peur. Ce batiment ou Rose avait dû se faire passer pour folle pour paraitre normale.

Une douleur vive au genou l'obligea à s'arrêter. Ils arrivaient. Tout près. Mais comment courir avec cet énorme bout de verre planté au dessus du genou ? En un hurlement de douleur, elle n'hésita pas une seconde. Elle l'attrapa du bout des doigts et l'arracha. Son cri raisonna entre les tours. Finalement, elle ne pouvait pas courir. Elle ne pouvait que... Reculer, se faufiler dans l'ombre. La petite ruelle à droite. Marcher jusqu'à une interstice dans le béton. S'y engouffrer et se fondre en lui. Ne plus faire de bruit et espérer que le sang qui s'échappait de la plaie n'avait pas laissé trop de trace. Ses bras nus contre le bâtiment froid, elle espérait ne pas avoir à rester la trop longtemps. Ses pieds glissèrent sur le verglas et elle se retrouva coinçée, assise dans la fine couche de neige qui n'avait pas été nettoyé par le sel.

Elle se mit à grelotter. Autour d'elle, tout le monde criait. Comme si quelqu'un leur avait échappé. Comme si... Sa tête partit vers l'avant. Lutter contre l'inconscience n'était pas dans ses habitudes. Il y avait trop de sang. Elle ne pouvait plus regarder, elle avait trop mal, c'était le même sang qui s'était écoulé des corps de ses parents. Le même sang rouge et chaud.

La neige, doucement, se teintait d'une couleur sombre. Un voile noir se déposa devant les yeux de Rose. Les émotions s'éteignirent chacune à leur tour, entrainant avec elles les bruits alentours. Ne laissant qu'un sentiment passager et plaisant. L'envie de connaitre une personne par coeur. L'envie d'aller au bout du monde avec elle. L'envie de parler de lui, de l'écouter parler pour ne rien dire, de le regarder et de le voir sourire et être heureux, d'être la dans les pires moments, comme dans les bons. L'envie d'aimer. Seul une image ne lui échappa pas. Un visage. Une démarche. Un regard. Les battements d'un unique coeur parmit tant d'autres. Et un nom. Inscrit en lettres dorées dans son coeur...



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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Lun 30 Jan - 9:31

Kane ne put que voir la jeune fille sauter par la fenêtre. Il serra les dents, imaginant un choc qu’elle n’était certainement pas capable d’encaisser sans se faire du mal.
Devant l’assaut de la police, il recula, doucement, sans montrer qu’il était armé, sans montrer le moindre signe de fuite. Lorsque son dos toucha le mur, il sut que c’était fini. Il ne pourrait pas s’en sortir sans attendre à la vie d’un des hommes.
Brusquement, son ventre se contracta.

Quelque chose remuait en lui.


Silence.
Battements.
Douleur.






Rose.








Devant les hommes stupéfaits, un loup argenté avait remplacé l’adolescent. La bête montrait des crocs acérés et ouvrait une gueule immense. Deux des trois hommes étaient trop surpris pour réagir, mais le troisième pris son arme et tira. Le loup reçut la balle dans le flanc gauche alors qu’il sautait sur l’homme le plus proche. Il le mordit violemment à la gorge, faisant exploser le sang sur sa fourrure brillante. Laissant sa première victime agonisante, il s’attaqua aux autres.

Il ne resta aucun survivant. La vision trouble et la démarche boîteuse à cause de la balle nichée dans sa chair, l’animal revint dans la chambre de la fugitive. Alors même qu’elle n’y était restée que peu de temps, les lieux étaient emplis de son odeur. Une odeur douce et sucrée qu’il aimait. Sans plus réfléchir, le loup suivit cette délicieuse odeur.

Le saut emplifia la douleur de sa blessure mais il avait réussi à contrôler sa chute. Il aperçut Rose au milieu d’une flaque teintant la neige de rouge. Alors qu’il s’approchait, le sang qui s’écoulait lentement de la plaie ouverte s’égouttait sur le sol gelé, laissant derrière l’animal une trace de mauvaise augure.

Arrivé à son niveau, il renifla le corps. Rose était inconsciente, mais vivante. Le loup lécha les blessures de l’humaine, nombreuses étaient les plaies qui parsemaient sa peau. Il la regarda longuement, espérant sans aucun doute qu’elle se réveille, avant de caler sa truffe dans le cou de la jeune fille et de s’allonger à ses côtés, réchauffant le corps glacé avec sa fourrure qu’il espérait suffisamment chaude.

L’odeur âcre de leurs deux sangs se mélangeant parvint à son odorat comme un signe funeste, pourtant, couvrant ce goût qui s’installait dans sa gorge, flottait cette odeur sucrée qu’il aimait tant. Il poussa un hurlement bestial. Un appel à l’aide.

***

Dans le froid et la demi inconscience, le jeune garçon sentit son corps soulevé. Il avait mal aux côtes. Il était trop faible pour ouvrir les yeux, et ne savait donc pas si Rose était à ses côtés. Tout ce qu’il savait, c’est qu’elle avait sauté par la fenêtre.

Ce qui s’était passé entre son réveil et cette image ne lui revenait plus.
Il souhaitait qu’elle s’en soit sortie. Du fond de son coeur.

Luttant contre l’engourdissement, il sombra de nouveau dans les abîmes de l’inconscience...



[Désolé pour le retard, j'ai eu beaucoup de travail ces temps-ci :s]
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MessageSujet: Re: La Folie a du Bon [Rose Samuels] Mar 31 Jan - 8:34


Souvenirs

 
Tout le monde sembla s'éloignait et disparaitre, comme si un brouillard épai empêchait Rose de les percevoir. Ces émotions. Et puis soudain, il y en eu une. Très nette, qu'elle pensait connaitre. Comme si c'était celles d'un être qu'elle connaissait bien. D'un être qui lui était cher. Elle s'y accrochait, pensant pouvoir sortir de cet âbime sombre dans lequel elle se trouvait. Mais rien n'y fit. Elle se retrouva seule, dans le froid. Puis, tout revint, d'un coup, comme si elle avait eut droit aux éléctrochocs, elle se redressa et ouvrit les yeux. La douleur fusa, si pregnante qu'elle manqua de hurler. Seul un râle lui échappa.
Autour d'elle, les murs blancs semblaient trop proches les uns des autres et lui rappelaient étrangement ceux de l'hopital. Pourtant, elle ne prit pas peur. Comme si elle savait que tout cela n'était qu'un rêve. Le canapé sur lequel elle se trouvait était si rouge, qu'on ne voyait que cela. Quelqu'un lui avait enfilé un grand t-shirt blanc et se genou avait été immobilisé. Un bandage propre le recouvrait et un morceau de bois poli et taillé de manière rectangulaire était accroché le long de sa jambe. Elle eu du mal à se relever. Elle se sentait propre, aussi fraiche que si elle sortait à peine de la douche. Pourtant, rien ne lui échappait : elle était bien tombée de cette fenêtre, elle s'était fait mal, avait trouvé un recoin, s'était éffondrée, avait sombré dans l'inconscience. Combien de temps s'était écoulé depuis ? Cinq minutes ? Cinq jours ? Elle aurait été incapable de le dire. Tout lui semblait clair et pourtant, elle avait l'impression qu'elle avait raté la moitié de ce qu'il s'était passé.
 
Puis, les émotions lui revinrent de plein fouet et elle comprit aussitôt qu'elle n'était pas la bienvenue, ici. Elle se leva difficilement, s'approcha de la porte et cessa de respirer. Derrière, plusieurs personnes chuchotaient.
 
"Elle n'a rien à faire ici, nous ne savons pas qui elle est, nous ne pouvons pas nous fier à Kane. Elle est jeune, mais peut-être dangereuse. Et si elle faisait partie d'une autre famille ? Même si ce n'est pas le cas, les cogistes ne peuvent accepter qu'une humaine sache ou nous vivons, ni qui nous sommes. Nous devons tout faire pour qu'elle reparte sans informations nous consernant. C'est une question de sécurité."
 
Le bout de bois, très encombrant, cogna contre la porte. Rose n'eut pas le temps de reculer. La porte s'ouvrit en gros, sur une grande femme aux longs cheveux d'un noir de jais. Elle aurait pu être jolie si son visage avait été moins anguleux. Elle inventa son plus beau faux sourire et invita Rose à venir. Aussitôt, il n'y eut plus qu'une chose à ses yeux : Kane. Couché sur un étroit canapé qui s'était tainté de rouge au contact de sa vilaine plaie. Il avait été soigné, mais rien ne prouvait qu'il s'en sortirait. Rose perdit l'équilibre et vit tout noir durant un petit instant. La jeune femme fut rapide et la rattrapa avant même que Rose ne songe à se tenir au mur.
 
- Kane !
 
Elle voulu murmurer, mais se rendit vite compte qu'elle avait laché un cri rauque et désespéré. Les deux hommes assit à la table, au centre de la pièce, se retournèrent et la regardèrent comme si elle était folle. C'était peut-être vrai ? Elle repoussa la femme qui laissa échapper un grognement mécontent et s'approcha de Kane. Elle resta la un moment, et quand elle se rendit compte qu'elle percevait ses pensées, elle comprit qu'il était éveillé. Alors elle posa doucement sa main sur sa joue et se pencha pour murmurer à son oreille qu'elle était désolé...
 
Ce fut la dernière chose qu'elle lui dit. La jeune femme l'attira dans la pièce d'à côté, lui expliqua qu'elle ne pouvait en aucun cas rester. Rose, inquiète de l'état de santé de Kane, ne protesta pas. Après tout, il l'avait sauvé, mais elle ne pouvait rien faire pour lui, mise à part lui attirer plus d'ennuis. Alors sans protester, elle se laissa entraîner à l'extérieur par la femme. Sans un dernier regard pour le garçon qu'elle appréciait tant.
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