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De la Musique pendant que tu Ecris ?
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C'était la vie [PV Ethan]

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Rose Samuels
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MessageSujet: C'était la vie [PV Ethan] Sam 7 Jan - 8:42

Solitude
Il pleuvait des cordes. L'eau avait effacée toute trace de maquillage du visage de Rose. On ne distinguait plus que sa pâleur et la tristesse de ses traits. Ses joues semblaient s'être creusées. Elle n'était vêtu que d'une tunique blanche qui virait au transparent et lui collait à la peau, et d'un jean délavé, sale. Une basket dans chaque main, elle marchait doucement. Ses ampoules la faisait souffrir, mais la fatigue lui servait d'anti-douleur. Elle avait l'impression d'être à la fois extrêmement lourde et de peser le poids d'une plume. Ses larmes ne cessaient de s'écouler et de se joindre aux gouttes de pluies pour aller s'écraser sur le goudron, sous ses pieds. Elle avait si mal. Comme si le manque d'une seule personne pouvait la tuer. Elle avait perdu toutes les émotions qu'elle avait perçu sans cesse durant plus d'une semaine. Elle était comme un téléphone : elle cessait de capter lorsqu'elle se retrouvait dans un endroit aussi perdu que celui-ci. Sauf que la vrai raison était qu'il n'y avait personne ici. Personne de triste ou de joyeux. D'épanoui ou de douteux. Il n'y avait qu'elle. Et elle souffrait de ne plus entendre, par dessus toutes les autres émotions, celles de Kane. C'était ce manque qui s'était incrusté dans son coeur et qui menaçait à présent de le faire exploser. Il s'agissait d'un manque dont la douleur n'avait plus rien de mental : elle était physique.
 
Rose ne percevait plus rien hormis ses propres sentiments. Elle ne pouvait plus s'accrocher à une onde d'émotions joyeuses que lui envoyait un passant. Elle se retrouvait seule pour affronter la réalité. Sa propre réalité. Quel était ce vide, ce vide profond, obscure et déroutant dans lequel elle se retrouvait ? C'était la vie. La vie qui lui avait paru si magique, si précieuse, si exceptionnelle. La vie qui lui avait joué un mauvais tour, mais qui ne cessait de lui envoyer de quoi s'accrocher. Des petits signes. Des signes de bonheur, comme la présence de Kane, qu'elle avait dû laisser de côté pour ne pas devenir folle pour de bon.
 
Elle souffrait de ses propres choix. Elle avait choisit de traquer et de chasser ceux qui avaient tuer ses parents, et au final, elle était tombée amoureuse de l'un d'eux. Elle avait dû fuir. Fuir pour ne pas avoir à renoncer à la vengeance. Fuir pour ne pas sombrer dans la démence. Fuir, comme toujours. Aller la ou personne ne voudrait la renvoyer dans cet horrible hopital. Aller la ou il n'y aurait aucunes émotions déroutantes. Aucunes personnes malfaisante. Plus personne à part elle.
 
La solitude était terrible.
 
Un frisson parcouru sont échine. Elle ne se rendait compte à quel point il faisait froid, que quand elle se mordait la langue tant elle claquait des dents. Son pieds dérapa sur un caillou qui lui entailla la peau. Elle se laissa tomber lourdement dans l'herbe. Quel idée de marcher sur cette unique route alors qu'il y avait tant d'herbe ? Elle n'aimait pas la boue.
 
Elle ne tenta pas de se relever. Elle resta la, le visage plein de boue, la bouche entrouverte, en quête de plus d’oxygène. Les bras ouverts, les yeux fermés sur un ciel d'un gris étrangement foncé. La nuit tombait. Elle avait faim. Elle avait froid. Elle avait mal. Elle se sentait si seule. Elle ne disait rien. Elle n'avait pas pour habitude de se lamenter. Pourtant, cette fois-ci, elle poussa un gémissement imprégné de détresse avant de sombrer dans un sommeil profond et sans rêves.
 
Pourtant... Parfois, même en dormant, notre esprit reste ouvert aux tous petits changements qui s'opèrent autour de nous. Rose ne comprit pas pourquoi elle fut réveillé en pleine nuit. Elle ne comprit pas, jusqu'à ce qu'elle commence à avoir peur. Jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle ne captait pas seulement Sa peur... Il y avait quelqu'un d'autre. Tout près...
 
[Dis moi si ça te convient Smile]
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MessageSujet: Re: C'était la vie [PV Ethan] Dim 8 Jan - 7:09

« - C'est à la vie que nous devons le respect, Philla. A la vie, pas à la mort. »

Ethan ouvre les yeux. Les referme. C'est ici, pas très loin. Il devrait y trouver la fille, la remettre sur le droit chemin ou s'en débarrasser. Rose. Rose Samuels c'était ça son nom. Un portrait de la jeune fille était ajouté à son ordre de mission.
Elle avait l'air si jeune. Elle l'était.
Mais il ne devait pas penser à ça. Pas penser à l'âge de l'adolescente, aux souffrances qu'elle avait rencontré, aux raisons qui l'avaient poussée à fuir. Lui il était juste là pour l'aider à regarder la vérité en face. Ceux des sept Familles étaient des monstres. Des monstres qu'il fallait éliminer. Pas fuir. Et celui qui ne comprenait pas cela, celui qui se refusait à tuer des monstres, qui détournait le regard, celui là même était un traître. Et d'humain il devenait monstre à son tour.
Et alors il faudrait l'éliminer.
Mais Rose n'en était pas encore là. Rose avait encore la possibilité de retourner en arrière, de redevenir comme avant, de retourner là où il le fallait. C'était pour ça qu'on avait envoyé Ethan. Lui il avait les pieds sur Terre, il avait l'âge et la maturité. Il ne se laisserait pas aveugler par des utopies d'enfants et des rêves de gamins. Lui saurait lui faire voir la vérité.
Et si Rose restait aveugle malgré tout, il saurait la tuer.
Il ne le ferait pas avec plaisir, certes. Par qu'on ne tue pas avec plaisir. Jamais. Pas quand on est humain. Peut-être que ces monstres des Familles eux tuaient par plaisir, mais pas Ethan. Même quand il se retrouvait face à ses assassins, à un de ceux qui avait voler sa fille et avec ce qu'il restait de sa femme et un bout de son corps, même face à eux il n'éprouvait pas de plaisir. Juste un besoin de vengeance. Et de la tristesse. Beaucoup de tristesse.
Si le rebelle tuait, c'était pour le futur de tous les autres. Sa vie à lui ne lui importait déjà plus. À quoi bon, il avait déjà tout perdu... Alors il se battait pour tous les autres, ceux qui vivraient après lui, pour que la descendance de l'espèce humaine n'ait pas à faire face à une menace qu'elle ne serait pas en mesure de comprendre. Pour que personne à l'avenir ne voit deux policiers toquer à sa porte et annoncer la mort d'un enfant qui n'aurait jamais dû mourir. Pour que personne ne haïssent cette plume blanche sur le cadavre de sa fille comme lui l'avait haïe.
Pour l'humanité toute entière.

Alors Ethan avance. Sans vraiment faire attention à la pluie. Lorsque que sa fille, son enfant, son bijou était plus petite, elle se plaisait à dire que les gouttes de pluie était les larmes du ciel. Il pleure le ciel, il pleure... Pourquoi pleure-t-il papa ? Il pleure peut-être la mort d'un enfant... Mais l'homme en pardessus noir et au chapeau gris enfoncé jusqu'aux yeux n'aime pas la pluie. Il préfère le soleil, les jupes jaunes, un merveilleux sourires qu'on lui a arraché...
Comme le temps tente de lui arracher ses souvenirs.

Stop Ethan, tais toi Ethan. Ta fille est enterrée, dans un cercueil. Ta femme aussi. C'est cette autre que tu dois maintenant sauver. Rose, cette inconnue. Il faut la remettre dans le moule, le droit chemin. Il te faut la trouver.
Alors l'homme avance. Parce qu'il ne sait faire que ça.
"Tu n'as que 43 ans" lui disait-on parfois. "Regarde la vie en face, l'avenir est devant toi !". Mais quel avenir, hein ? Que reste-t-il à un homme à qui on a tout pris ? Rien. Rien si ce n'est la possibilité d'essayer de marcher droit. Un peu. D'avancer. Sans penser. Dans un futur sans avenir.
Avance.

Rose devrait être là. Tout près. C'est ce qu'on lui a dit. Ce que les gens qu'il a croisé lui ont révélé. Elle n'était même pas si dur que ça a retrouver... Une jeune fille, seule, ça attire forcément l'attention. Ce n'est pas la meilleure fuite. Mais tant pis. Tant pis pour elle s'il la retrouve. Elle n'avait qu'à mieux se cacher. Elle se cachera mieux la prochaine fois. S'il y a une prochaine fois.
Rose devrait être là. Tout près. Et elle est là. C'est un petit tas informe dans une robe qui avait dû être blanche dans un passé lointain. Un passé parallèle. C'est elle.

C'est drôle, elle ressemble un peu à Lily.

Et alors Ethan recommence à penser à sa fille, sa fille perdue. C'est dans la fragilité de Rose qu'il retrouve le sourire de son enfant. C'est dans la faiblesse des plus fort qu'on reconnaît les qualités des plus fort. Rose... Quel joli prénom ça. Le prénom d'une fleur. Une fleur à la fois si forte et si fragile. Elle a ses épines pour se défendre, mais le moindre coup de vent malin l'enrhume. Et la fleur tombe. Et Rose est par-terre.

Alors Ethan la ramasse. Il la porte un peu comme une princesse, serrée contre sa propre chaleur. Son corps est si froid, si près de la mort... Une fleur malade. Un peu plus loin il y a un chalet. Ce genre de chalet qui n'est occupé qu'en vacances. Le rebelle le sait, il est déjà passé devant il y a quelques jours. Et c'est là-bas qu'il va à présent. Il pourra y faire un feu, il pourra soigner la plante enrhumée. Puis il pourra la regarder dans les yeux, des yeux qui seront un peu ceux d'une enfant, comme l'étaient ceux de Lily. Il la regardera dans les yeux et lui exposera son choix.

Continuer chez les rebelles ou mourir.

- Je suis là, je viens pour t'aider.

L'aider à ne pas mourir, à ne pas tomber à côté du chemin. Du chemin de la vie, du chemin des rebelles, du chemin qu'est cette route sur laquelle il marche. Il n'est là que pour son bien. Uniquement pour ça. C'est rassurant de le penser tandis qu'il croche la serrure du chalet d'une main alors que de l'autre il tient toujours Rose.
Puis il pose la jeune femme sur un canapé. Une couverture pour la réchauffer. Mais comme ce n'est peut-être pas assez, il s'approche de la cheminée pour allumer un feu dans l'âtre. Et une fois que c'est fait, il tire une pipe et un peu de tabac de sa poche. Une allumette.
Et il fume en attendant.
En attendant qu'elle se réveille.


[J'espère que ma réponse va jouer... Dis moi s'il y a un truc qui ne va pas !]
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Rose Samuels
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MessageSujet: Re: C'était la vie [PV Ethan] Dim 8 Jan - 9:15

Terreur


Rose ferme les yeux. Elle ne peu pas retenir ses larmes, elle ne fait que fermer les yeux en espérant qu'il croit à sa fainte. Elle dort. Elle est peut-être morte, peu importe au fond. Ce qu'elle devient, ce qu'elle est devenue... Ce qu'elle deviendra. Peu importe, pour le moment elle est la. Elle a mal et cet homme qui vient rajouter une couche de tristesse à la sienne est en train de la déchirer de l'intérieur. Elle ne peu pas arrêter de pleurer comme cela. C'est plus compliqué. On ne claque pas des doigts en espérant cesser d'avoir mal. On ne peu qu'attendre que ça passe. Et si ça ne passe pas..?

Il se penche. Elle sent son souffle sur son visage, dans son cou quand il la soulève et que sa tête bascule en arrière. Si seulement elle avait eu assez de force et de courage, elle se serait enfuit. Comme la fille lache qu'elle était. Car au fond, elle est toute petite. Comment espérer qu'elle fasse des choix logiques ? Comment espérer qu'elle se batte pour une cause perdue ? De toute manière il est inutile de se battre si c'est pour une vie que l'on a déjà perdue.

Il est fort, cet homme. Elle ressent ses pas réguliers et peu deviner la tension de ses bras, tous ses membres crispés qui la retiennent fermement. Et elle pense à son père. Elle se souvient de sa voix. Légèrement plus grave que celle de l'homme et toute aussi aimante. Moins brisée peut-être. Moins triste, c'est vrai.

¤ ¤ ¤

L'homme soulève la petite fille, fait attention à ce que sa tête ne cogne pas contre la portière ouverte de la voiture. Il la serre contre son coeur. Elle est toute légère. Kate passe devant, ouvre la porte d'entrée de la maison, laisse passer les deux personnes qui lui sont les plus chères au monde. Elle sourit. Elle les regarde monter à l'étage. Le père et la fille. Elle n'avait jamais vu Will aussi doux. Comme s'il avait peur de la casser en une seule parole, en un seul geste. Elle a du mal à croire qu'il ait pu abriter en lui tant de haine, autrefois. Tant de colère. Impulsif, il avait rejeté les nombreuses méthodes inhumaines de la société. Il avait haï tant de gens, détesté tous ceux qui s'étaient dressés sur son chemin. Il s'était souvent battu, mais il n'était jamais tombé. Et puis Rose était arrivée. Ils y avaient beaucoup réfléchit. Kate avait eu peur que William se comporte comme un monstre. Et à l'instant ou il l'avait vu, son regard s'était adoucit. Il était devenu un tout autre homme. C'était elle qui les avait réunit. Ce tout petit bébé. C'était son innoncence, son incompréhension devant la colère, devant la haine. Rose était une personne des plus douces qui puisse exister. Des plus naïves aussi. Des plus craintives. Des plus vulnérables et fragiles. A la moindre rafale, elle serait éjecté. Kate le savait. Elle avait tout fait pour lui ouvrir les yeux. Pour lui montrer que le monde n'était pas toujours beau partout. Malheureusement, Rose n'avait pas été préparé à la mort de ceux qui lui avaient tout apprit. Comment espérer ne pas changer après un tel traumatisme ?

La rose sans épines avait laissé pousser ses épines.

¤ ¤ ¤

Elle s'est endormie. Elle est encore une enfant, quand elle se réveille et elle se trouve sur le canapé ou son père la déposé. Est-ce que son père fume la pipe ? Non. Est-ce que la cheminé est si petite ? Non. Elle lève les yeux vers la plaque dorée au dessus de la cheminé. Elle regarde son reflet. Est-ce que son visage est si adulte ? Non. Est-ce qu'elle ressent tant de choses ? Non... Elle se redresse d'un coup. La panique l'envahit. Elle est perdue. Soudain elle cherche les fils qui la relit aux machines, tout près de son lit. Elle n'est plus chez elle. Elle est à l'hopital. Elle n'est plus à l'hopital. Elle pousse un cri rauque et désespéré. Elle ne connait pas cet homme. Soudain elle se souvient et elle se lève. Il faut qu'elle aille vite. Il faut qu'elle parvienne à l'extérieur. Cet homme est la pour la ramener dans cet hopital. Elle saute par dessus le fauteuil, glisse sur le tapis et manque de s'étaler. Elle a peur qu'il la suive. Elle a peur de lui. Première porte à droite. Elle l'ouvre, s'y engouffre, referme, cherche une clé, un verrou. Il n'y a rien. C'est pourtant une salle de bain ! Elle devrait.... La fenêtre est trop petite pour qu'elle puisse sortir. Elle se laisse glisser contre la porte, remonte ses genoux contre sa poitrine. C'est finit. Suicide ? Préférable. Elle se souvient encore des paroles rassurantes de l'homme. C'est ce que tout le monde lui a dit. Ils ont tous voulu l'aider. Ils ont échoués. Ils l'ont menés plus bas que terre.

- Tu viens pas pour m'aider ! Elle hurle. Casse toi, tu sers à rien ! Vas-t-en !

Elle attend qu'il réponde. Qu'il frappe à la porte. Elle attend qu'il lui propose gentiment de la ramener de force à l'asile.

- Je suis pas folle, je sais que tu me crois pas mais s'il te plait laisse moi au moins une chance de m'expliquer !

La terreur l'enflamme. Elle a encore tant de choses à dire. Elle se retient. Plus elle parle, plus elle va s'enfonçer.
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MessageSujet: Re: C'était la vie [PV Ethan] Mar 10 Jan - 9:19

« Sais-tu que l'on se construit plus par les drames auxquels on survit que par les bonheurs que l'on vit ? »

Les volutes de fumée s'échappent en tourbillon de la pipe posée au bord des lèvres d'Ethan. C'est drôle, c'est drôle parce que la fumée est si légère qu'elle vole, qu'elle ne pourra jamais tomber. C'est drôle parce que la pipe elle est lourde et ne tient que par un équilibre précaire au bout des lèvres rebondies de l'homme. Du vieil homme. Pourtant, 43 ans ce n'est pas vieux.
Mais à le voir ainsi avec son chapeau et sa pipe, on pourrait presque lui en donner 80.
Et les gens de 80 ans tombent. Dans l'oubli, l'amnésie, la nostalgie, même la mort. Surtout la mort. Est-ce que Rose va tomber aussi ? Dans le désespoir, la terreur, la fuite, même la mort. Malgré tout la mort.
Rose est pourtant jeune, quel âge a-t-elle ? Dix-huit, vingt ans ? Elle ne devrait pas être là à fuir sa mission pour les rebelles. Elle devrait être innocente, finir ses études, sortir en boîte, trouver l'amour de sa vie, se rendre compte que c'est un con, le quitter, en trouver un autre, le tromper, se faire larguer, ressortir avec le premier, se plaindre, pleurer, rire, vivre.
Oui voilà, elle devrait être en train de vivre.
Pas en train de mourir.

Et Lily ne devrait pas être au fond de ce cercueil.

Lily a 15 ans. Elle virevolte dans une belle robe rouge qui fait ressortir les courbes naissantes de l'enfant en train de devenir femme. Elle tourne, tourne, tourne et tombe. Dans un éclat de rire. Un rire qui monte jusqu'au ciel, jusqu'aux étoiles. Un rire qui vient nous toucher le coeur.
Qui fait du bien.
Ethan la regarde. Il la regarde et il se dit qu'elle ressemble de plus en plus à Chloé, sa mère. La même joie de vivre, le même rire qui fait briller le ciel...
Il donnerait sa vie pour l'entendre à nouveau.

- Alors papa ?

Il réalise que sa voix est moins aigu que quand elle était enfant. Il remarque alors qu'elle a grandit et que lui a vieilli. Inévitablement. Mais elle reste sa petite fille, son bébé, sa chérie.

- Minuit, pas plus tard.

Elle le regarde alors de ses yeux révolté que sont capables de faire les adolescents. Minuit ?! Minuit c'est l'heure de Cendrillon et Lily elle n'a pas de robe créée par une bonne marraine... C'est le bal de l'année, tous ses amis y vont et la plupart y resteront au moins jusqu'à 5h00 du matin... Minuit c'est trop tôt, c'est trop dur ! Elle espérait au moins... 3h00. Pas les douze coups de l'horloge...

- Mais... Papa !
- C'est Minuit ou c'est rien !

Son rire est maintenant un lointain sourire alors qu'elle croise les bras sur sa poitrine, une petite mine venant bouder sur sa jolie bouille. Son père est trop injuste, il ne la comprend pas, il ne comprend rien ! A-t-il seulement su ce que c'était que d'être jeune ? A-t-il déjà été à une fête comme celle là ? Sûrement pas ! C'est pour ça qu'il la prive de ses joies, parce que lui il n'a pas pu aller à ce genre de fête. C'est tellement injuste... Méchant papa, elle le déteste ! Alors elle profère sa menace ultime, celle que tous les adolescents du monde ont sans doute crier à leurs parents à un moment ou à un autre.

- Quand j'aurai 18 ans...

Et son père sourit. Il sourit parce qu'il sait que ses 18 ans ne changeront pas grand chose.


Sauf que voilà. Lily n'a jamais eu 18 ans. Et le temps a continué à grandir sans elle. Et le tabac à se consumer.
Mais Rose n'est pas morte elle. Elle n'est pas morte et elle se réveille. Forcément elle essaie de fuir... les fleurs essaient toujours de fuir, dommage que leurs racines les retiennent.
Et toi Rose, quelles sont tes racines ?
Elle a fuit vers la salle de bain et elle s'y est enfermée. Ethan n'a aucune raison de se presser, il sait que la fenêtre est bien trop petite pour qu'elle puisse passer par là.

- Tu viens pas pour m'aider ! Casse toi, tu sers à rien ! Vas-t-en !

L'homme ne réagit pas tout de suite. Il se dit qu'il a le temps, tout son temps... Alors il le prend. Le tabac n'a pas encore fini de se consommer, la fumée va stagner encore un moment dans la pièce.

- Je suis pas folle, je sais que tu me crois pas mais s'il te plait laisse moi au moins une chance de m'expliquer !

Le tabac s'est à présent entièrement évaporé. Ethan prend le temps d'emballer sa pipe dans un morceau de tissu avant de la remettre dans sa poche. Puis lentement, d'une façon qui le fait encore plus ressembler à un vieillard, il se lève et se dirige vers la porte. Il ne tente même pas d'abaisser la poignée ; elle aura sans doute verrouillé la porte.

- Je sais que tu n'es pas folle. De toute façon, qu'est-ce que la folie si ce n'est tout ce qui est contraires aux normes posées par notre société.

Il ne toque pas. Il reste là devant la porte à attendre. Attendre qu'elle se raisonne, parce qu'il sait qu'elle le fera.
Les Roses ont des racines.

- Je t'écoute.
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MessageSujet: Re: C'était la vie [PV Ethan] Mer 11 Jan - 8:47

Calme


Elle souriait souvent. Elle était "comme une poisson dans l'eau". Elle avait trouvé son milieu. Pourtant, elle paraissait pouvoir vaincre et s'approprier n'importe quel milieu. Elle était heureuse, quoi qu'il arrive. "De tout son coeur et pour toujours", elle l'avait promit à Kate. Rien ne semblait pouvoir la renverser. Ni les petits bouleversements de la vie, ni ces tous petits détails qui pouvaient la changer toute entière. Elle n'était jamais tombée, elle n'avait pas même eue à se battre. Elle était naturelle, n'avait rien à cacher, aucuns lourds secrets à dissimuler. Puis, les murs s'étaient effondrés. Les cris de ses parents, elle ne les avaient jamais entendus. Elle les imaginait, ça lui suffisait. Parfois, leur mort leur semblait pésible, malgrès la férocité de l'acte. Elle se souvenait de détails, comme les mains déchiquetés de ses parents, entrelaçées. Comme les trace de doigts sur la photo explosée de leur famille. Elle pouvait encore entendre leur murmure. Doux, apaisant. "On t'aime, Rose". Comment une si petits phrase pouvait-elle faire tant d'effet ? Comment une si petite phrase pouvait-elle gonfler un coeur jusqu'à lui donner l'impression d'exploser de bonheur et de tristesse à la fois.
Parfois, Rose ne ressentait plus rien. Elle était tombée pour la première fois et elle avait conscience qu'elle ne se relèverait plus jamais. Mais c'était finit. Elle était calme, presque sereine. Oh, bien sur, elle avait peur. Peur de ce que sa vie pourrait devenir. Peur de ce manque qui grandissait toujours plus dans son coeur et qui menaçait de l'engloutir de temps à autres. Mais une petite voix lui soufflait de ne pas s'inquiéter. Une petite voix la pousser à croire que tout irait bien si elle s'accorchait, si elle se démenait, si elle se battait pour gagner l'espoir d'une vie nouvelle.
Elle allait réussir. Au fond, elle l'avait toujours su. Elle était Rose Samuels, la petite fille que tout le monde aimait, la petite fille qui avait su donner le sourire aux plus malheureux.

Cet homme, derrière cette porte ne changerait rien à tout ce qu'elle avait toujours cru. "Dans la vie, il faut être heureux, ou se battre pour l'être. Le jour ou tu baisse les bras, c'est le jour ou tu meurs". Cette voix qui la poussait à s'accrocher n'était pas réelle, elle en avait conscience. C'était le souvenir de sa maman qui refaisait surface et qui l'aidait à aller mieux. "Il faut faire des choix, dans la vie. Et à partir du moment ou tu ne suit plus ce que te souffle ton coeur, c'est que tu as perdu ton chemin. Dans ces cas la, c'est facile, il faut faire tout son possible pour le retrouver". Oui, cette phrase, elle l'avait prononçée un jour ou William était rentré une nuit et qu'il avait trop bu. Rose, inquiète, était allé le voir et s'était mise à hurler tant elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Elle avait eu si peur, à l'époque. Elle n'avait que sept ans...

Rose ne se rendit compte qu'elle pleurait que lorsqu'elle commença à avoir ce gout salé sur les lèvres. Ce gout salé auquel elle avait finit par se faire, à force. Non, elle n'avait plus peur. Elle le croyait. Quoi qu'il dise, il n'avait pas l'intention de lui faire du mal. Elle ne pouvait néanmoins se résoudre à lui ouvrir et à lui faire face. Il avait cette voix que les gens prennent quand ils ont renonçés depuis longtemps à être heureux. Cet homme était mort, alors que faisait-il ici, puisque sa vie n'avait plus aucun intéret ? Elle se releva mais resta le dos collé contre la porte. Elle avait mal et elle savait que c'était cette solitude qui tentait à nouveau de la bouffer de l'intérieur. Elle essuya doucement ses joues trempées de larme, sachant pourtant que c'était un geste inutil.

- J'avais treize ans. Je me souviens de chaque détails, même s'ils ont peut-être étés faussés par mes cauchemars. Il y avait du sang partout. On imagine pas toujours qu'il y ait autant de sang dans seulement deux êtres humains. Un mur s'était effondré et ça sentait la rouille, la poussière et la sueur. Ca sentait le fauve. Ils avaient étés à moitié dévoré. J'aurais peut-être vomit si je l'avait pas vu, lui. Il était gigantesque et il avait du sang sur tout le visage. Il avait les yeux d'un jaune si brillant... Il avait l'air désolé, triste. Détruit. Comme s'il regrettait ce qu'il avait fait. Je ne sais pas combien de temps j'ai marché, pieds nus avec l'impression que le sang sur lequel j'avais marché collait encore au goudron. Je crois que je ne ressentais rien. Je ne pleurais pas, je ne riais pas. Parfois, je souriais parce que ça me paraissait absurde. Je me disais que j'allais me réveiller. Et puis je me souviens de cet inspecteur qui m'a prit par les bras avec cet air désolé qui veut dire qu'il a pitié. C'est à ce moment que je m'en suis rendue compte. Un rêve ne peu pas durer si longtemps. Alors quand j'ai comprit que tout ce sang était réel, j'ai vomit sur le bord de la route et j'ai pleuré comme ça m'était jamais arrivé. Parfois, je me demande si ça aurait été autrement si j'avais suivit le monstre qui a fait ça. Peu importe, maintenant pour tout le monde, je suis folle. Même pour moi.
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MessageSujet: Re: C'était la vie [PV Ethan]

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C'était la vie [PV Ethan]

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